587 bis.
DAI
1)AÎ
cepeudant leur patrie dans les temps an-ciens? On ne peut faire aujourd’hui, à cesujet, que des conjectures: la moins invrai-semblable peut-être serait de les placer, nondans le pays qu’occupent maintenant les Chè-vres d’Angora, dans la Galatie , où elles eus-sent été encore facilement connues des Grecs,mais dans les cantons d’où, au dire de quel-ques auteurs, ellesauraient été amenées versle xnie siècle, c’est-à-dire dans une provincesituée à l’est de la mer Caspienne : il existaitdans cette province, c’est Ælien même quinous l’apprend, une race de Chèvres dont latoison était d’une blancheur éclatante, et lesriches y portaient des vêtements d’une étoffeextrêmement fine dans laquelle on pourraitreconnaître les beaux schalits d’Orient, dontles Chèvres d’Angora fournissent de nos joursla matière première (1).
En quelques parties de l’Afrique , aux en-virons de Tripoli , par exemple, on avaitaussi des Chèvres dont le poil se filait pourfaire des tissus grossiers, des tentes à l’usagedes soldats, des prélats pour abriter de lapluie les marchandises embarquées sur lesnavires et au besoin les matelots: c’est cequ'attestent les vers de Virgile :
• Nec minus ioterea barbas inranaque menta
• Cyniphi) tondent iiirci setasque romantes,
• Ustim in rastrorum, ac miseris velamitia nantis. •
En Italie aussi, comme nous l’apprend Var -ron (2), il y avait, outre une race à poil
raison, étaient encore désignés sous le nom de cilires, quoi-que à cette époque on le tirât principalement de Phrygie .Ces tissus servaient non seulement à faire des tentes, des abrisqui protégeaient les marchandisescontre la pluie, ou les ma-chines de guerre construites en bois contre les brandons en-flammés que lançaient les assiégés, mais encore des vêtementspour les pauvres. La Fontaine nous peint son paysan du Da-nube • portant sayon de poil de Chèvre , » et il y avait biend'auttes provinces où c'était un habillement commun parmiles habitants des campagnes. Dans le pays des Gèles, quin'était pas loin du Danube , on portait des habits en peau deChèvre , tournant le poil en dedans quand il s’agissait de sepréserver du froid , et en dehors quand on avait à braverla pluie. Il paraît que le même usage régnait en Sardaigne ;mais les peaux de Mouton étaient aussi employées au mêmeusage, et le sont encore de nos jours.
(i) U faut pourtant remarquer qu’Ælien , d’une part, pré-tend que ces belles étoffes étaient faites de poil de Chameau,de l’autre, qu’il nous représente comme sans cornes les Chè-vres des Caspiens, tandis que dans la race d’Angora les mâlesont des cornes très développées. Il faut remarquer, en outrequ’il existe dans les environs d’Angora deux races parfaite-ment distinctes , et que nous ne savons pas quelle est cellequi est venue des bords de la tner Caspienne à la suite desTuiromans.
(?) • De foi niâ vidciulum ut sint brime magna?, corpus Icne
court, une autre race à toison plus fournie,que l’on semblait préférer, peut-être seul*"ment à cause qu’elle pouvait mieux supp ur "ter les mauvais temps. Les anciens, en effe*.les naturalistes aussi bien que les agf°"nomes, avaient remarqué que les Chèvressupportent beaucoup moins bien le froid q uCles Brebis, et que l'humidité leur est aussitrès contraire.
Les Chèvres sans cornes, qui étaient déjà
très communes en Italie , paraissent avoir été.de même que les Chèvres glabres,considéréescomme trop délicates pour certains canton*'Columelle dit qu’elles ne conviennent q» *ceux dont le climat est tempéré, et que p» r 'tout où l’on a des orages fréquents, du vent,de la pluie, les Chèvres à cornes doive» 1obtenir la préférence. Il ajoute que pour ce*pays cependant on peut prendre les Boucs d®l’autre race, la pétulance de ces animaux a»temps du rut pouvant rendre dangereux c eU ‘dont la tête est armée(l).On pourrait supp 0 "ser, d’après cette indication, que les Cbèvr® 5étaient à cette époque des animaux plus ■»domptables qu’aujourd’hui. Cette conjecturene serait pas juste : Aristote les représentacomme se familiarisant plus volontiers ave»l’homme que les Brebis ( Hist. anim., lib- ■*’cap. iii). Il paraît aussi, d’après un passai!®du même chapitre, qui, à la vérité, ne no» sest parvenu que fort corrompu , qu’on a<^coutumait ces animaux à obéir à certai» 9commandements, a s'arrêter si elles étai®» 1
ut habeant, crebro pilu r.isi si glabræ; sunt enim ® u0 *nera earum. • (Varron, De re rustica, ljb H, cap. 3-)
(i) • Hanc pecadem mutilnm probamus quieto cceli s *^’namprocellosoatqueimbriferocormitasemper. Nam * t0 ^ivgione maritos grrgum inutilos esse ojiortebit; quoni» 1 "nuti fere pernicisii sunt propter petuiantiam. » J* sub5 f
ici à paraàimus, qu’on lit dans toutes les éditions, .
1*i"
Urt P 1
doi» 1
mot qui se trouve employé de la même manière danssage du chapitre 3 relatif au choix du Bélier. Ce pas*»**'un commentateur, au reste, s’est déjà servi pour restil“ e ^partie celui qui nous occupe , montre que , par qu** 0statu, on ne peut entendre, comme l’ont pensé j
personnes , la belle saison , mais un climat tempéré- ^en effet, ce qu’on y lit : « Qmbus tamen regiombo* ub * ^status uvidus ventosusque est, capros et arietes opW ver ' ^vel amplissimis cornibus quod ea pot recta altaquepartem capitis a tempestate deffendat. Itaque si P ,erUest atrocior hiems hoc gerius eligemus ; si clementior , ^
lum probabimus maretn. » Cette idée de considérer 1rs
. ja tète- .
c’est une explicat' 0 » ni * ^ lllSd’une observation juste, que les races à tète bienproches que les autres de la souihcsauvageà l'tnilcuicncc de l’air.
sans doute ridiru