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moll. — Le genre Donace a été établi parLinné , dès la 10 e édit, du Systema naturœ. Ilcomprend des coquilles qui étaient connuesdes anciens naturalistes, puisque quelquesunesd’entreellessontmentionnéesparBelon,Rondelet, Gesner , etc. ; mais chez ces auteurs,aussi bien que dans les ouvrages de ceux quiles suivirent, ces coquilles ne portaient pas lenom que leur a imposé Linné , elles avaientcelui de Telline, et elles étaient confonduesavec quelques espèces de véritables TellinesetquelquesVénus. Adanson. dans son Voyageau Sénégal , débarrassa le genre Donace detoutes les espèces qui lui étaient étrangères,mais il lui conserva le nom de Telline, em-prunté aux anciens, et certainement ce nomdevrait être restitué au g , si une longue ha-bitude et l'autorité de Linné n’avaient faitprévaloir celui de Donace. Par suite d’unesingulière erreur que l’on doit attribuer auxdessinateurs des planches d’Adanson , ce na-turaliste si habile observateur représente l’a-nimal des Donaces retourné dans sa coquille,c’est-à-dire qu’il fait passer les siphons pos-térieurs par le côté antérieur des valves.Cette erreur a eu pour résultat de faire direà plusieurs auteurs modernes , et à Lamarcken particulier, que dans le g. Donace, le liga-ment se trouvait placé dans la lunule, ce quiest contraire à la vérité , car une nou-velle étude faite par Poli, de l’animal des Do-naces, a démontré avec la dernière évidence,que le ligament occupe la même position quedans tous les autres genres de Bivalves . —Nous ne suivrons pas la longue liste des au-teurs qui, depuis Linné , ont parlé du g. Do-nace. Presque tous , sans exception, l’ontadopté sans aucune modification, aussi nousnous bornerons à rappeler que Poli lui adonné le nom de Peronœa-, qu’en 1817, Schu-macher en a détaché deux g. inutiles, sousles noms de Meroe et Hecuba , et enfin queLamarck en a rapproché le g. Capse, dontnous avons jugé la valeur à l’article qui leconcerne.
Les Donaces sont des animaux mollusquesacéphalés dimyaires, qui ont des caractèresparticuliers qui les distinguent nettementdes animaux de la même classe. Le côtépostérieur est court, tronqué, la coquilleaccuse cette forme; ils sont généralementaplatis, et presque toujours arrondis du côtéantérieur. Comme dans tous les Mollusques
de cette classe, le manteau est formé de deuxlobes symétriques qui enveloppent le corps ;ce manteau est ouvert dans une grande par-tie de son étendue ; ses lobes sont soudésvers son extrémité postérieure, et ils se pro-longent de ce côté en deux siphons presqueégaux, sur les caractères desquels nous re-viendrons tout-à-l’heure. Dans toute leurcirconférence , les bords du manteau sontattachés à la coquille par un grand nom-bre de petits muscles qui en épaississentles bords, et servent à le faire rentreren dedans, à la volonté de l’animal. Cesbords du manteau se divisent en deux feuil-lets, dont l’un reste appliqué sur la coquille,tandis que l’autre est découpé en un nom-bre très considérable de petits tentacules,dont le sommet est tronqué, et presque tou-jours dilaté; tandis que l'animal entr’ouvresa coquille, ces tentacules du manteau secroisent entre eux, et opposent un obstacle àl’introduction de corps étrangers dans la ca-vité palléale ; les siphons sont inégaux ; l’und’eux, le branchial, est garni à son extré-mité libre de tentacules fort singuliers, dontPoli a donné une figure, qui, pour être gros-sie, n’est point parfaitement exacte. Ces ten-tacules sont nombreux, et ils sont divisés enarbuscules. Lorsque l’animal fait saillir sonsiphon, ces tentacules se renversent au-des-sus de l’extrémité libre, y forment une espècede calotte, et c’est entre leurs ramifications,que l’eau est obligée de passer pour arriver,jusque dans la cavité du manteau. Ces ten-tacules jouissent d’une sensibilité exquise;aussi avertissent-ils l’animal de la présencedes moindres corpuscules, et aussitôt qu’uncorps étranger les heurte, l’animal contracteson siphon, et ne le dilate de nouveau qu’aumoment où il suppose que le corps étrangerest éloigné. Le siphon anal est un peu pinspetit, et le petit nombre de tentacules qui I egarnissent sont cylindracés et simples; I epied est linguiforme, comme dans tous lesMollusques de cette famille; cet organe estdestiné à creuser le sable, et à entraînernimal tout entier dans une position verticale,labouche en bas, lessiphons en haut. Commedans tous les Mollusques dymiaires symé-triques, la bouche est placée entre le muscleantérieur et la base du pied ; elle est garniede deux lèvres qui aboutissent sur les côtesà une paire de palpes labiaux allongés#