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Tome cinquième.
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devenir leur proie : c’est aussi pourquoi ,lorsqu’elle est prête à muer, elle cherche une^traite dans les trous et d'autres endroits oùe Re puisse être à l'abri du danger. Par lasuite, ce nouveau test ne devient ni plusdur, ni plus épais , ni plus grand ; de sorterçue l'Écrevisse, qui augmente de volumechaque année, étant gênée dans son enve-loppe, est contrainte d’en sortir.

Chez les Écrevisses prêtes à muer, on trouveconstamment sur les côtés de l’estomac deuxcorps calcaires, connus vulgairement sous leUom à’yeux d’Écrevisses , à cause de leurfigure arrondie ; ces deux pièces disparais-Se nt pendant la mue, et on ne les trouvePlus dans les individus qui ont éprouvé cechangement. L’opinion des auteurs a beau-coup varié sur l’usage de ces petits corps cal-caires. Geoffroy a cru qu’ils servaient, ainsi<ÎUe la membrane du vieil estomac, àn °Urrir PÉcrevisse pendant la mue. Moun-Se Y présente une observation analogue, et ilPense arec Réaumur qu’étant dissous dans1 e stomac, ils servent à la formation ou audurcissement de la nouvelle enveloppe. Auc °utraire, Rœsel, n’admettant pas l’opinionRéaumur, croit que l’Écrevisse se dé-c harge de ces pièces en entier dans le tempsQu’elle se dépouille de son test, et qu’ellesse dissolvent ni ne diminuent dans sonCor Ps en aucune manière. Quant à ce der-JJ ler fait, il paraît cependant constant; et°Pinion de Réaumur, quoiqu'elle soit sus-Ce Pt«ble d’objection, est encore plus admis-s, ble qu c ce n e de Rœsel, qui pense que les^Ux d’Écrevisses pourraient bien être l’as-Se uiblage ou le résidu de différentes parties,nie mesde l’Écrevisse.

Res Écrevisses présentent un autre faitfi°u moins remarquable : c’est la facultéont les pattes, les antennes de repousser^P f ès leur amputation, sans qu’on puisse,ans l’état actuel de la science, expliquer

convenablement ce phénomène. Réaumur a

jj P re mier tenté des expériences sur ce sujet.

nous a appris que, si l’on casse dans lafuture d’une articulation la patte d’uneRevisse , on aperçoit, un ou deux joursPrès, une espèce de membrane légèrementu ge qui recouvre les chairs. Cinq joursr ? s tari R cette membrane fait saillie et pa-1 renflée, puis elle devient conique, s’al-n ge de pins en plus, se déchire, et laisse

voir une jambe molle qui croît en grosseuret en longueur, et se recouvre d’une enve-loppe solide. Un fait bien digne d’attention,c’est qu’il ne naît à chaque jambe que cequ’il faut précisément pour la compléter.

Personne n’ignore l’usage alimentairedes Écrevisses. Les pièces calcaires con-nues sous le nom d’yeux d’Écrevissesétaient autrefois employées en médecinecomme absorbant. Elles ne sont maintenantd’aucun usage, et elles ont été remplacéesdans les pharmacies par la craie ou carbo-nate calcaire fin et friable, et encore mieuxpar le carbonate de magnésie. La pêche del’Écrevisse se fait de diverses manières : d’a-bord avec un filet que l’on suspend le soirau-dessous d’un morceau de chair putréfiée.Les Écrevisses sont attirées quelquefois engrand nombre par l’appât. On met aussiquelquefois de la viande dans un fagot menuque l’on retire lorsque les Écrevisses ont pé-nétré de toutes parts entre les branches dubois. Plusieurs personnes emploient des ba-guettes fendues ; on met dans la fente unappât, et on la place dans les lieux où lesÉcrevisses sont abondantes. Celles-ci ne tar-dent pas à s’attacher à l’appât ; on retire en-suite les baguettes avec beaucoup de pré-caution, et on glisse sous chacune d’elles unpanier. A peine sortie de l’eau, l’Écrevisseabandonne le corps qu’elle dévorait, et tombedans le panier. On prend aussi les Écrevissesà la main, dans leurs trous ; on les pêcheaussi au flambeau. L’Écrevisse fluviatile estordinairement d’un brun verdâtre ; maisdescirconstances accidentelles font varier sacouleur. M. Guérin, dans Vlconogr. du Règ.anim. de Cuv ., Crust., pl. 19, fig. 2, a repré-senté une variété de cette espèce qui est re-marquable en ce que, au lieu d’être d’unbrun ordinaire, elle est d’un beau bleu co-balt. L’Écrevisse des rivières se trouve dansles eaux douces de l’Europe ; elle se tientsous des pierres ou dans des trous ; elle n’ensort que pour chercher sa nourriture , quiconsiste en petits mollusques, en petits pois-sons et en larves d’insectes. Elle se nourritaussi de chairs corrompues, de cadavres, dequadrupèdes flottants dans l’eau. La duréede sa vie s’étend au-delà de vingt ans, et sataille s’accroît à proportion. On préfère cellesqui vivent habituellement dans les eaux vi-ves et courantes. On trouve sur leurs bran»