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Tome cinquième.
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thorax, au lieu d'être soudé aux précédents,y est simplement articulé. Leur carpe estcourt et renflé, et ne forme pas d'angle avecle bras. La lame médiane de la nageoire cau-dale présente de chaque côté une dent versson tiers postérieur, et est très arrondie aubout. Les branchies sont garnies de cylindreslongs et grêles , et ressemblent à des pana-ches.

Ce genre renferme 6 espèces , dont 1 ap-partient à l'Europe, 3 à l'Amérique , 1 àl’Afrique , et 1 à la Nouvelle-Hollande. Celleque nous citerons comme type de cette coupegénérique est I'Écrevisse commune, A. fin-viatilis Auct. L'anatomie de cette espèce a étéd’abord étudiée par Rœsel et ensuite parCuvier. Geoffroy Saint-Hilaire a décrit et re-présenté avec soin l'estomac de YAstacusfluviatilis ; et ce savant anatomiste a retrouvédans cet organe des pièces analogues à cellesqui composent la tête des animaux verté-brés, et il ramène ainsi à un type connu uneorganisation aussi anomale en apparence.M. Rathke, dans Untersuch über die Bild.und Entwick. der Fluss. , Leipsig, 1829, a pu-blié un travail fort remarquable sur le dé-veloppement de l’embryon de l'Écrevisse.L'accouplement de cette espèce se fait ventreà ventre : le mâle attaque la femelle, qui serenverse sur le dos, et le couple amoureuxs'enlace alors étroitement à l'aide des or-ganes de la locomotion. La ponte a lieu deuxmois après ; elle est assez abondante, et l'oncompte quelquefois 20, 30 œufs , et mêmedavantage. Ceux-ci sont fixés aux filets mo-biles qui garnissent la queue à l'aide d’unpédicule, sorte de tuyau membraneux, flexi-ble*, élargi à sa base, et qui paraît être lacontinuation de l’enveloppe la plus exté-rieure de l’œuf. Les femelles portent ces es-pèces de grappes jusqu'à la naissance despetits, qui, d’abord très mous, trouvent sousle ventre de leur mère un refuge assuré con-tre les dangers, et n’abandonnent cet abrique lorsque leur test, plus consistant, peutles protéger. L’Écrevisse fluviatile renou-velle son enveloppe tous les ans, entre lesmois de mai et de septembre. Réaumur adécrit avec soin cette espèce de mue. Quel-ques jours avant le dépouillement de leurpeau , dit cet auteur, les Écrevisses cessentde prendre de la nourriture ; alors, si onappuie le doigt sur l'écaille, elle plie, ce qui

prouve qu’elle n’est pas soutenue par leschairs. Quelque temps avant l’instant de lamue, l'Ecrevisse frotte ses pattes les unescontre les autres, se retourne sur le dos, re-plie et étend sa queue à différentes fois,agite ses antennes, et fait d’autres mouve-ments, dans le but sans doute de détachersa peau pour la quitter; elle gonfle soncorps , et il se fait entre le premier anneaude l’abdomen et la carapace qui s’étend de-puis elle jusqu’à la tête, une ouverture quimet à découvert le corps de l’Écrevisse, flest d'un brun foncé, tandis que la vieilleécaille est d'un brun verdâtre. Après cetterupture, l’animal reste quelque temps enrepos ; ensuite il fait différents mouvements,et gonfle les parties qui sont sous la cara-pace. La partie postérieure de celle-ci estbientôt soulevée, et l’antérieure ne resteattachée qu’à l’endroit de la bouche ; alorsil ne faut plus qu’un demi-quart d’heure ouun quart d'heure pour que l’Écrevisse soitentièrement dépouillée; elle tire sa tête enarrière , dégage ses yeux , ses antennes , sespinces, et successivement toutes ses pattes.Les deux premières ou les serres paraissentles plus difficiles à dégainer, parce que ladernière des cinq parties dont elles sontcomposées est beaucoup plus grosse quel’avant-dernière ; mais on conçoit aisémentcette opération, quand on sait que chacun deces articles écailleux qui forment chaquepartie est divisé en deux pièces longitudi-nales qui s’écartent l’une de l'autre, dans I etemps de la mue, lorsque l’animal leur fai 1violence. Enfin l’Écrevisse se retire de des-sous sa carapace, et aussitôt elle se donnebrusquement un mouvement en av?nt,étend la queue et se dépouille de ses an-neaux. C’est ainsi que se fait l’opération dela mue, qui est si violente que plusieursÉcrevisses en meurent, surtout les plus jeu {nés ; celles qui résistent sont très faibles*Après la mue les pattes sont molles , et l'a-nimal n’est recouvert que d'une membrane ■;mais en deux ou trois jours , et quelque^ 1 *en vingt-quatre heures, cette membrane de-vient une nouvelle enveloppe aussi dureque l'ancienne. Il importe à l’Écrevisse q uela nouvelle peau se durcisse bientôt; car s*elle était rencontrée dans cet état de molless epar ses congénères, n’étant plus défendu epar son écaille, elle ne manquerait pas