Band 
Tome cinquième.
Seite
225
JPEG-Download
 

ELA

ÈLA

225

Mention ; chez les Latins, Jules-César est lePremier qui ait employé le nom d 'Alce ;de son côté Pausanias est le premierauteur§ r ec dans lequel on trouve ce même nom; enfin Pline , à peu près à la même épo-que , indique assez obscurément l’Élan, sousles noms de Alce et Machlis. Le nom Alce a été tiré de la langue celtique, dans laquellec et animal est nom/né Elch ou Elk. Dans^Amérique du Nord , l’Élan porte les nomsd Orignal et de Moose Deer ; enfin les Sla-Ve s l’appellent Loss .

C’est un animal qui atteint la taille duCheval ; le mâle seul porte des bois, et la fe-^elle en est privée : ces bois pèsent près de^ livres à l’âge adulte, et cela tient plus en-c °re à la densité de leur tissu, entièrementCu ïïipaete, qu’à leur étendue : iis tombentYers la fin de septembre. Le cou, très courttrès robuste, est disposé de manière à sup-P°rter un aussi grand poids : cette disposi-l0n du cou donne à l’Élan un air beaucoup^Ins élancé et beaucoup moins nobleJfd’aux Cerfs proprement dits. La tête est° rte ; la lèvre supérieure, plus épaisse etP fis longue que celle des Cerfs , estprolon-? ee à peu près comme celle des Tapirs , etjjfifitd’une grande mobilité. Le poil est gros ;Se brise entre les doigts quand on le ploie;d u g arrot et d e i a nuque est beaucoupSq Us long, et forme une véritable crinière.

fis la gorge du mâle est une proéminence^ s *dérable; et dans les deux sexes on voitCet endroit de longs poils noirs qui for-111 une espèce de barbe. Les oreilles sont

fenn S * ies yeux ont * eur ê rancl an S le trèsf 0 u * Câ couleur générale est d’un grisq ui Ce » crinière et le dessus de la queue ,l e . est tr ® s courte, sont plus foncés encore ;

jasons de celle-ci est blanchâtre.l r io an se trouve dans les contrées septen-r 0 pç ale& en- ôeçà du cercle polaire en Eu-e nc et en Asie; en Amérique il s’étendP* Us loin. En Europe , il se rencontreda ns ,S degré de latitude jusqu’au63 e ,

d e l a P art * e de la Prusse, de la Pologne ,livnJ* uède ; dans la Finlande, la Russie , labas h . in 8 ri e. En Asie il descend plust 0ut ’ e P u *s le 45 e degré jusqu’au 51 e , sur-l e 44 e^ Tartarie 5 enfin en Amérique , depuislac s j egra i Us qu’au53 e , autour des grandsn 0 rd f S ^ à rohi °» la Nouvelle-Écosse et lees Etats-Unis . Buffon pensaitquel’Élan

nabitaii autrefois les forêts de la Gaule, etil croyait que cet animal, chassé de nos payspar suite de l’élévation de la température,qu’il attribue au défrichement des terrainsmarécageux et au déboisement des forêts,s’était retiré vers le Nord. Il semble aujour-d’hui démontré que l’Élan n’a jamais habitéla France , et on doit supposer, avec Albert-le-Grand , que sa patrie ne s’est jamais pro-longée plus à l’ouest que la Prusse.

Cet animal habite en général les forêtsbasses et humides et les lieux marécageux;dans l’été il se préserve des Taons, en res-tant plongé nuit et jour dans des marécages,d’où il ne sort que la tête : dans cette atti-tude il broute l’herbe sous l’eau, en souf-flant avec grand bruit par les narines. De-puis septembre jusqu’en avril il se tientdans les lieux élevés, à l’abri des inonda-tions ; l’été, au contraire, il descend dans lesbas-fonds, là où il y a de l’eau. Il mange lesrejetons des arbres, et fait ainsi beaucoupde mal aux forêts; il recherche, dit-on , lebois puant ( Anagyris feiida ), et détruit lesblés verts et les lins. Pour paître à terre ilfaut, à cause de la brièveté de son cou , ouqu’il écarte ses pieds antérieurs, ou qu’il semette à genoux. Il fuit l’homme et ses cul-tures , et disparaît là où la population s’é-tend. Par la disposition de son train de de-vant, plus élevé que celui de derrière , il negalope pas et ne saute pas ; mais sa mar-che est un trot plus ou moins rapide, et pro-longé souvent pendant longtemps. Sa mar-che est accompagnée d’un craquement fortextraordinaire , attribué par Gilbert au peude synovie de ses articulations, qu’affermis-sent pourtant des ligaments extrêmementforts et serrés , et que Fr. Cuvier explique parle choc de ses sabots. Il élève beaucoup lespieds de devant en trottant. En courant dansles forêts, il tient sa tête horizontalement.

L’Élan vit en famille, composée d’unevieille femelle, de deux femelles adul-tes , de deux jeunes femelles et de deux jeu-nes mâles : plusieurs de ces familles se tien-nent ensemble. Au temps du rut, dans lemois de septembre, on voit des réunions de15 à 20 individus : les vieux mâles rassem-blent les femelles, et les jeunes qui n’entrentpas en chaleur s’écartent pour ce temps-làseulement. Les femelles commencent à met-tre bas au milieu de mai, et le part est fini

29