EXO
543
EXO
linguistique qui fait plaisir. Pourquoi doncne pas s'en tenir à des appellations arbi-traires ? Pierre , Paul, Jacques , désignentaussi bien un individu que des appellationssignificatives, et Ton devrait, pour faire ÿis-paraître de la science le fatras de noms ca-ractéristiques, renoncer à l'étymologie, sou-vent fausse et plus souvent encore ridicule.Prenons un exemple entre tant d’autres dela diversité des dénominations qui peuventcaractériser un être ; par exemple, leFlam-uiant, cet Echassier palmipède. La longueurde son cou, celle de ses jambes, la forme bi-zarre de son bec, sa couleur, son mode d’in-cubation, peuvent donner naissance auxappellations les plus variées et pourtant lesPlus exactes, mais qui, par malheur, nedésignent jamais un êtred’une manière assezcomplète pour que ce moyen soit d’une uti-lité universelle. Exocet nesignifie donc plusUn poisson qui couche hors de l’eau, maisUn être particulier, bien mieux caractériséPar le nom de poisson volant, qui lui est tou-tefois encore commun avec d’autres poissons.
Les caractères des Exocets sont : Tête etc °rps écailleux, sur chaque flanc une ran-gée d’écailles carénées, la tête aplatie en des-s .Us et sur les côtés, dorsale au-dessus de1 anale ; yeux grands ; intermaxillaires sansPédicules et faisant seuls le bord de la mâ-choire supérieure ; les deux mâchoires gar-nies de petites dents pointues, et les os pha-r ÎUgiens de dents en pavé.
Leurs ouïes ont dix rayons ; leur vessienatatoire est très grande , et leur intestin^ r °it est sans cæcum.
Leurs pectorales sont grandes et propresu n vol, et le lobe supérieur de la caudale estPlus court.
Les poissons, répandus dans les mers deLurope méridionale, dans la mer Rouge ,^ an s les mers des Antilles , sur les côtes dur ésil et des États-Unis , sont d’une taille^iguë, le plus grand n’atteignant pas plus
50
On
centimètres de longueur,ne connaît guère que les mœurs de
| Lxocet volant, Exocetus volitans, l'espècea Plus commune dans l’hémisphère bo-*® al - Ce poisson, long d’environ 15 à0 ce ntimètres, est remarquable par sa pa-llire resplendissante d’azur et d’argent,rehausse la teinte bleu foncé de la dor-a e * delà queue et de la poitrine.
Grâce au développement de ses pecto-rales, il jouit de la faculté de s’élever dansles airs et de parcourir ainsi une assez lon-gue distance ; non pas, comme on l’a dit, parun simple mouvement de projection, maisen exécutant suivant sa volonté des mou-vements|d’élévation etd’abaissement qui ren-dent son vol assez semblable à celui des Cri-quets. Dans un état permanent d’activité,ces poissons s’élèvent par centaines, quel-quefois par milliers du sein des eaux; etaprès avoir quelques instants voleté au soleil,ils retombent dans la mer pour en ressortiraprès une courte immersion.
On a remarqué que, pendant leur vol, lesExocets produisent un bourdonnement dontla cause est peu connue, mais qu’on attribueà l’action de l'air expulsé par l’animal, etqui fait vibrer en sortant une membrane quilui tapisse le fond de la gorgiî.
On a prétendu que le vol de l’Exocet n’estpossible que tant que ses pectorales sontmouillées, et qu’il lui fallait se replongerdans la mer pour les humecter avant dereprendre sa course dans les airs. C’est seu-lement sans doute une nécessité de l’acterespiratoire qui le fait redescendre dans lamer pour y humecter ses branchies dessé-chées; ce qui paraît d’autant plus positif,que Bosc a remarqué que les pectorales dece poisson restent humides une heure mêmeaprès qu’il a été pêché.
La faiblesse des Exocets les a exposés à lavoracité d’une multitude d’ennemis : dansla mer, les Dorades, les Scombres, les Co-ryphènes les poursuivent et les dévorent;dans les airs , les Fous, les Frégates , engénéral tous les oiseaux piscivores leur fontune chasse active. Mais ce n’est pas pouréchapper au danger qui les menace qu’ilsabandonnent le sein des eaux et s’élancentdans les airs; c’est parce que leurs largespectorales leur permettent de voler ainsique les Trigles, les Dactyloptères, les Pé-gases, etc., qu’ils jouissent de cette faculté,et l’on peut dire d’eux ce qui est vrai sousd’autres rapports pour tant d’autres : iis vo-lent parce qu’ils volent.
On plaint ce pauvre petit poisson, si bril-lant, si gracieux, et victime de tant d’enne-mis; mais lui aussi dévore des êtres vi-vants : seulement ils sont proportionnés à lapetitesse de sa taille; et ce n’est pas de sa