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Tome cinquième.
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affinité plus grande que celle des moléculesentre elles, et avec celles du tube ; mais,pour rendre l’expérience plus évidente , aulieu d’un tube unique, on prend un dia-phragme perméable, dont les intersticesjouent le rôle de tubes capillaires. Supposonsque le diaphragme soit horizontal, qu’il soitformé d’une membrane organique et qu’ilsépare deux liquides superposés, tels , parexemple, que de l’eau distillée en dessouset de l’eau sucrée en dessus ; ou bien encorede l’eau distillée en dessous et de l’alcool oude l’éther en dessus; l’attraction de l’eausucrée, de l’alcool ou de l’éther étant plusgrande pour l’eau distillée que celle des mo-lécules de l’eau entre elles, à mesure qu’ellesse mettent en contact avec l’une de ces troissubstances , elles s’y combinent, se répartis-sent dans la masse. Le liquide inférieur étantainsi privé du ménisque supérieur qui con-trebalançait l’action ascendante de son affi-nité, une nouvelle quantité du liquide s’élèvedans le tube; elle subit la même actionchimique, se disperse dans la masse de l’eausucrée ; elle est remplacée à son tour parune nouvelle quantité du liquide inférieur,et ainsi de suite, jusqu’à ce que la satura-tion amène l’affaiblissement de l’attractionchimique.

L’attraction des deux liquides en présenceagissant avec une égale force dans les deuxsens, c’est-à-dire que l’eau pure attirant au-tant l’eau sucrée que l’eau sucrée attire lapremière, la pénétration se ferait égalementdes deux côtés ; il y aurait bientôt saturationet non augmentation de volume de l’un audétriment de l’autre; mais la différence depuissance capillaire du tube pour ces liqui-des détermine un courant prédominant.C’est le liquide qui s’élève le plus dans lestubes capillaires qui fournit le courant leplus actif ; c’est donc le liquide le plus ré-sistant à la force capillaire du tube qui aug-mente de volume. Si on élève la températuredes liquides, la capillarité diminue égale-ment pour chaque liquide, mais l’affinitéaugmente plus que la première ne diminue ;il en résulte une activité de transport d’unliquide à l’autre à travers la membrane.

On peut préjuger par ce qui précède queles trois états physiques en présence : le con-tact de deux liquides hétérogènes ; leur af-finité l’un pour l’autre, plus grande que

celle des molécules entre elles du même fi'quide ; la différence des actions capillairessur ces liquides par le corps poreux inter-posé , sont les véritables causes du phéno-mène de l’endosmose que M. Dutrochet aintroduit dans la science en 1826 , et dontla première indication , oubliée de tout I emonde , se trouve à la fin d’un mémoire del’abbé Nollet, sur l’ébullition de l’eau, P ü 'blié, en 1748 , dans les Mémoires de VAca-démie des Sciences. Quelle que soit l'anté-riorité de l’abbé Nollet, la découverte réelle»utile, examinée dans tous les sens, n’enrestera pas moins à M. Dutrochet , qui igno-rait , comme tous les physiciens, cette indi-

cation fugitive d’un fait isolé, placé inci-demment et sans aucune liaison , à la suited’un mémoire traitant d’un sujet avec lequelil n’avait aucune connexion. Pour tous ceuxqui connaissent la droiture et l’intégrité deM. Dutrochet , il ne peut être douteux qu’iln’ait découvert le phénomène de l’endos-mose, quel que soit le hasard heureux <1 01ait servi l’abbé Nollet.

Pour nous, l’endosmose et l’exosmososont donc des faits purement physiquesont pour cause : 1° l’affinité de deux fi'quides hétérogènes ; 2° l’inégale affinité p° urles liquides des membranes poreuses ou ca-pillaires qui les séparent ; 3° l’exercice à el’affinité des liquides ne pouvant se satis-faire qu’au milieu des interstices ou tubescapillaires. Ces trois causes bien comprises*on peut juger combien on a erré dans F*P~plication qu’on a voulu faire de l’endosmoseà l’ascension de la sève dans les végéta 0 *’et à l’introduction des substances neutre 8ou médicamenteuses dans le corps des aï°'maux. Toutes les hypothèses de ce ge° ren’ont pu se présenter à l’esprit des observateurs que par l’oubli d’un élément pritt*° rdial nécessaire, sans lequel il ne P eut ,.javoir d’endosmose successive ; c’est q 11faut : 1° que l’hétérogénéité des liquides semaintienne dans toutes les cellules; T ^ ^y ait autant de liquides différents qu’il ^de cellules superposées , c’est-à-dire ^en faudrait plusieurs milliers pour eIître enir cette hétérogénéité : il faudrait en ^^fcune force spéciale appliquée à chaqueIule, pour enlever au liquide contenu ^molécules nouvelles qui proviennentla cellule inférieure qui auraient bien