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Tome cinquième.
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plus que tous les autres viendront nous endonner la preuve évidente, témoin les Num-niulites dont est bâtie la plus grande despyramides d’Égypte ( Description de l’E-gypte , Hist. nat., t. II, p. 196), le nombreprodigieux des Foraminifères des bassins ter-tiaires de la Gironde, de l’Autriche, de l’Ita-lie , et surtout les calcaires grossiers du vastebassin parisien. Ces couches, dans certainesparties , en sont tellement pétries , que 27niillim. cubes ( 1 pouce), des carrières deGentilly, nous en ont offert plus de 58,000,et cela dans des couches d’une grande puis-sance, résultat qui fait supposer par mètrecube à peu près 3,000,000,000, et nousdispense de pousser plus loin les calculs.On peut donc en conclure sans exagérationque la capitale de la France est presque bâ-tie avec des Foraminifères , ainsi que lesvilles et villages de quelques uns des dépar-tements qui l’avoisinent. Ainsi ces coquilles,â peine saisissables à la vue simple, chan-gent aujourd’hui la profondeur des eaux deta mer, et ont, aux diverses époques géologi-ques, comblé des bassins d’une étendue con-sidérable.

On peut, suivant la manière dont ils ont^té considérés , diviser l’histoire des Fora-hiinifères en quatre époques bien distinctes.6ans la première, ils furent regardés commedes curiosités microscopiques par Plancus (Ariminensis, etc., 1739), par Gualtieri (In-dea? testarum conchyliorum'), par Fabius Co-* u mna, par Ginnani(üiarc adriatico, p. 111),Par Ledermuller, etc. ( Amusements mi-croscopiques , t. IV). On y vit plus tard lesail alogues vivants des Ammonites et desNautiles, et ils furent décrits dans ce dernier^ e Ure par Linné , qui y réunissait toutes lesc °quilles multiloculaires. Ce classementsuivi jusqu’à la fin du xvm e siècle, etMême par beaucoup d’auteurs jusqu’en 1824^ontagu, Turton , Martins, etc.).

Au moment où les sciences naturelleshuaient un si grand essor, la réunion^Ustrueuse de toutes les coquilles cloison-*M es dans un seul genre ne pouvant se main-te nir ainsi, Lamarck, en 1804, ne balançaà les diviser en genres distincts, tout en. es baissant mêlées aux mêmes familles que^ Nautiles parmi les Céphalopodes poly-

Marnes, exemple suivi par MM. Defrance,e Rainville, Cuvier, Férussac, etc.

La troisième époque est celle où six an-nées d’études de ces corps nous ont fait re-connaître que, non seulement ils ne de-vaient pas être réunis aux familles desgrands Céphalopodes, mais encore qu’ilsdevaient en être entièrement séparés, etformer une série distincte caractérisée par lemanque de siphon. Nous lui imposâmes en1835 le nom de Foraminifères (Annales dessciences naturelles , janvier 1826) en pré-sentant à l’Académie des sciences le pro-drome d’un ouvrage général sur ces êtres.Le nom de Foraminifères a été adopté parMM. Férussac, Rang et les auteurs anglais et allemands, mais changé en Trématopho-res, par M. Menke ; en Polypodes , parM. Deshayes; en Symplectomères et en Rhy-sopodes, par M. Dujardin.

La quatrième et dernière révolution estcelle qui s’opéra en 1835, lorsque M. Du-jardin publia le premier des observationssur ces animaux ( Annales des sciences natu-relles, t. III, 2 e série, p. 312), observationsqui, ainsi que nous l’avions reconnu de no-tre côté, obligent à les détacher non seule-ment de l’ordre des Céphalopodes, mais en-core de la classe des Mollusques pour les re-léguer dans les classes inférieures de l’ani-malisation, où nous croyons qu’ils, doiventrester désormais.

D’après nos connaissances, basées survingt-quatre années d’observations, nousallons décrire les caractères généraux desForaminifères , et leurs rapports avec l’en-semble de la zoologie.

Caractères de la classe. Les Foramini-fères sont des animaux microscopiques, nonagrégés, à existence individuelle toujoursdistincte, composés d’un corps, masse vivantede consistance glutineuse, entier et alorsarrondi, ou divisé en segments, ceux-ci pla-cés sur une ligne simple ou alterne, en-roulés en spirale ou pelotonnés autour d’unaxe. Ce corps est recouvert dans toutes sesparties d’une enveloppe testacée, rarementcartilagineuse, modelée sur les segments, eten suivant toutes les modifications de formeet d’enroulement. De l’extrémité du derniersegment, d’une ou de plusieurs ouverturesde la coquille, ou des nombreux pores deson pourtour, partent des filaments contrac-tiles, incolores, très allongés, plus ou moinsgrêles, divisés et ramifiés, servant à la rep-