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Tome cinquième.
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FOU

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aussitôt après l’accouplement ; et, quant àceux auxquels la nature a refusé la faculté deperpétuer la race, nous savons encore qu’ilsmeurent peu de temps après être sortis de lafourmilière. Lorsqu'ils l’ont quittée, ils n’yrentrent jamais, et, ainsi abandonnés à eux-mêmes, leur existence est bientôt terminée.Pour les femelles, au contraire, nous igno-rons absolument si elles vivent une seuleannée, comme la plupart des autres insectes,ou deux années comme les femelles desAbeilles, ou davantage. Quant aux ouvrièresou neutres , il est probable que leur exis-tence ne va pas au-delà d’une année ; maisici encore rien n’a été bien vérifié.

Les Abeilles forment de nouvelles colo-nies avec un certain nombre d’émigrantesfiui constituent des essaims, lorsque la rucheest trop chargée d’habitants. Pour les Guêpes,dont les sociétés sont annuelles, on sait par-faitement qu’une femelle seule, au prin-temps, établit le commencement d’un nid,destiné à devenir plus tard très considé-rable par les travaux de nouvelles ouvrières.

On n’ignore pas que de nouveaux nids sontfréquemment construits chez les Fourmis.P-e sont-ils, comme chez les Abeilles, par desouvrières ayant quitté une fourmilière tropremplie, et emmenant avec elles une fe-melle féconde? Ou bien est-ce, comme chezks Guêpes, une femelle seule qui commenceoette œuvre ? Huber pense qu’il en est ainsi.Il a remarqué plusieurs fois, dit-il, des fe-melles isolées commençant à creuser desloges dans la terre. Elles prendraient leursmufs, élèveraient leurs larves elles-mêmes,s’acquitteraient de tous ces soins avec ardeur,ot ne se reposeraient qu’après la naissanced’individus neutres.

Mais d’autres observations tendent àProuver le contraire. Divers observateurs af-firment avoir toujours vu les femelles fé-c °ndes aidées par les ouvrières dans leursPremiers travaux.

A l’occasion de la vie des Abeilles et desfourmis, on a beaucoup discuté sur ce quibaissait être l’instinct et sur ce qui parais-Sa *t être l’intelligence. Quant à nous, chezjcs Fourmis, aussi bien que chez les Abeilles,intelligence nous semble apparaître dans^oaucoup de cas ; on reconnaît chez lesF °ormis le discernement, le jugement, dansUïie foule de leurs actes. Si vous écrasez, sit- v.

vous culbutez une partie d’une fourmilière,vous voyez aussitôt les individus qui sontà portée se mettre en état d’agression ,tandis que quelques autres vont prévenirtous les habitants logés dans les étages in-férieurs de la fourmilière. On voit alorsaccourir de toutes les parties de l’habita-tion une masse d’ouvrières qui, en un in-stant, ont toutes compris qu’un danger lesmenaçait. Elles se jettent ordinairementsur l’agresseur, et cherchent à se vengersur lui du dommage qui leur a été causé.

Si une Fourmi étrangère vient à pénétrerdans la fourmilière, elle en est aussitôt chas-sée par les habitants.

Lorsqu’une Fourmi a été blessée, cellesqui la rencontrent s’empressent de lui portersecours et de la rapporter au domicile com-mun.

En toute occasion, on voit les Fourmis secommuniquer leurs desseins. Si quelquesunes ont imaginé de s’occuper d’un tra-vail quelconque , elles savent communi-quer leur intention aux autres; si un dangerles menace, elles s’avertissent mutuellement.11 n’est pas rare de voir des ouvrières se ti-railler l’une l’autre, et se frapper de leursantennes pour se faire comprendre mutuel-lement.

A chaque instant nous voyons la raison,l’intelligence, apparaître dans les divers actesqu’exécutent les Fourmis, bien que la plu-part de leurs travaux semblent être entre-pris instinctivement. Ici, comme chez lesAbeilles, les deux facultés se confondent ;mais chez les Fourmis l’intelligence noussemble se produire encore plus fréquem-ment.

On sait que les Fourmis ont la propriétéd’éjaculer un liquide acide qui a reçu quel -ques applications dans les arts , et que leschimistes ont nommé Acide formique.

On trouvera aussi dans l’histoire particu-lière à chaque genre de la tribu des Formi-ciens, divers faits qui nous montreront com -bien sont surprenantes les habitudes de quel-ques espèces.

Cette famille d’insectes paraît être répan -due dans le monde entier.

Chaque espèce en particulier, pour leplus grand nombre au moins, n’est pas trèscosmopolite; mais chaque région du globeest habitée par plusieurs Fourmis différentes.