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Tome cinquième.
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transportés dans le nid. En moins d’uneheure le grand oeuvre s’accomplit sous mesyeux, et l’arbre resta entièrement dé-pouillé. »

Les Ecitons se composent de quelques es-pèces américaines.

Le genre Myrmica comprend plusieursespèces indigènes. La plus commune enFrance est la Fourmi rouge ( Myrmica ru-bra); elle est rougeâtre avec le premiernœud uni-épineux en dessous ; l’abdomenvif, brillant, avec le premier anneau bru-nâtre. Cette Fourmi établit son nid dans laterre, sous des pierres ou sous des détritusVégétaux.

Le second groupe de la famille des For-ttiicides, celui des Ponérites, ne renfermeque deux genres, les Odontomaques, appar-tenant au Nouveau-Monde, et les Ponères,qui sont aussi la plupart américaines. Uneseule est européenne; elle est d’un brunfoncé, glabre et luisant, avec la tête d’unhrun jaunâtre en avant. On la trouve ordi-nairement sous les pierres, réunie en petitessociétés de quelques individus.

Le dernier groupe, celui des Formicites,11 est également composé que de deux genres,très distincts de ceux des groupes précé-dents par l’absence d’aiguillon chez les fe-melles et les neutres.

Les Formicites ont été plus étudiées quefos Ponérites et les Myrmicites, la plu-part étant européennes. Ce sont celles-làqui ont été observées par Huber, èt dontc e laborieux observateur nous a si bien tracé^ histoire.

Le genre Polyergue a pour type une es-J* ece assez commune en France : c’est lepolyergue roussâtre (P. rufescens ), qui est0ll g de trois à quatre lignes, entièrementd un roux pâle. Plusieurs naturalistes ont°hservé les habitudes singulières de cettees Pèee; mais Huber lésa constatées lepre*fofor. Voici ce qu’il nous rapporte : « Lej u iu 1804 , en me promenant aux en-Jdrons de Genève , entre quatre et cinqeil res de l’après-midi, je vis à mes piedsdhe légion d’assez grosses Fourmis rousses

ou

elles

r oussâtres qui traversaient le chemin ;marchaient en corps avec rapidité;

e . ür troupe occupait un espace de huit àlx pieds de longueur sur trois ou quatre ,£°hces de large ; en peu de minutes elles

eurent entièrement évacué le chemin ; ellespénétrèrent au travers d’une haie fortépaisse, et se rendirent dans une prairie,,où je les suivis. Elles serpentaient sur legazon sans s’égarer, et la colonne restaittoujours continue, malgré les obstaclesqu’elles avaient à surmonter. Bientôt ellesarrivèrent près d’un nid de Fourmis Noir -cendrées , dont le dôme s’élevait, dansl’herbe, à vingt pas de la haie. QuelquesFourmis de cette espèce se trouvaient à laportée de leur habitation. Dès qu’elles dé-couvrirent l’armée qui s’approchait, elless’élancèrent sur celles qui se trouvaient à latête de la cohorte. L’alarme se répandit aumême instant dans l’intérieur du nid, etleurs compagnes sortirent en foule de tousles souterrains. Les Polyergues roussâtres,dont le gros de l’armée n’était qu’à deuxpas, se hâtaient d’arriver au pied de lafourmilière. Toute la troupe s’y précipita àla fois et culbuta les Noir-cendrées,qui, aprèsun combat très court, mais très vif, se re-tirèrent au fond de leur habitation. Les Po-lyergues roussâtres gravirent les flancs dumonticule, s’attroupèrent sur le sommet, ets’introduisirent en grand nombre dans lespremières avenues.

)> D’autres groupes de ces insectes travail-laient avec leurs dents à se pratiquer uneouverture dans la partie latérale de la four-milière. Cette entreprise leur réussit, et lereste de l’armée pénétra par la brèche dansla cité assiégée; elle n’y fît pas un long sé-jour. Trois ou quatre minutes après, lesPolyergues roussâtres ressortirent à la hâtepar les mêmes issues, tenant chacune à leurbouche une larve ou une nymphe de la four-milière envahie. Leur troupe se distinguaitaisément dans le gazon par l’aspect qu’offraitcette multitude de coques et de nymphesblanches, portées par autant de Polyerguesroussâtres. Celles-ci traversèrent une secondefois la haie et le chemin dans le même en-droit où elles avaient passé d’abord, et sedirigèrent ensuite dans les blés en pleinematurité, où j’eus le regret de ne pouvoirles suivre. »

Ce n’est pas sans raison que Huber futsurpris par une si intéressante observation ;aussi retourna-t-il dans l’endroit où il avaitété témoin d’un fait si étrange. Plusieursfois, il vit ses Polyergues roussâtres, qu’il