Band 
Tome cinquième.
Seite
726
JPEG-Download
 

726

FRO

FRO

gile , tenellum , maritimum , liliaceum , ni-gricans, pectinatum , etc., et il y avait réunides Bromes et des Fétuques. Les botanistesqui, à l’exemple de M. Chevalier, ont admisle g. Agropyron , y ont compris le g. Brachy-podium; mais ils ont divisé les Agropyron endeux sections : une comprenant les espèces àbarbes courtes ou nulles, et l’autre celles àbarbes longues. La nomenclature de ces der-nières est assez incertaine pour que la plupartd’entre elles aient été presque indistincte- Iment nommées par les auteurs Froments, iBromes ou Fétuques. j

Endlicher admet trois divisions dans son jg. Triticum (a, le T. spella ; b , Y Agropyron , jet c , le Brachypodium). Ces sections dugenre Triticum ont été adoptées par Host etSibthorp. Le célèbre agrostographe Kuntlia admis le g. Agropyron. Link ( Hort. berol.

1.42 ) a adopté le g. Brachypodium , mais illui a donné le nom de Trachynia.

Le g. Triticum , considéré somme genrebotanique, ne présente pas plus d’intérêt queles autres ; mais, sous le rapport agricole etéconomique , il en est autrement. C’est uneplante sociale qui mérite le plus haut inté-rêt , car son histoire se confond avec celledes nations les plus anciennes.

Comme la plupart des végétaux et desanimaux que l’homme a rendus cosmopo-lites comme lui, et qu’il exploite à sonprofit, on a perdu toute trace de son origine :aussi les naturalistes se sont-ils livrés à cesujet aux plus étranges conjectures pourarriver à une incertitude que ne détruit au-cune raison plausible. Quelques uns, et Buf-fon était du nombre , ont pensé que le Fro-ment était une céréale créée, pour ainsidire, de toutes pièces, de la main de l’homme,qui a métamorphosé par la culture une gra-minée aujourd’hui inconnue, au point de larendre méconnaissable. C’est une théoriedifficile à appuyer de raisons logiques : ce-pendant , de nos jours, M. Esprit Fabre aentrepris la métamorphose de VÆgilops triti-coides en Blé ; mais jusqu’à ce jour il n’a pasréussi. Il a semé dans son jardin les grainesqu’il a recueillies, et a obtenu une plantedans laquelle les caractères de VÆgilopsont presque complètement disparu pour faireplace à ceux des Triticum. « Ce n’est pas, est-il dit dans la lettre de M. F. de Girard , deMontpellier , communiquée en 1839 à l'A-

cadémie par M. A. de Saint-Hilaire, ce n’estpas encore tout-à-fait un Triticum , mais cen’est plus un Ægilops. «Depuis cette époque,on n’a pas eu de nouvelles des essais deM. Fabre. Cette opinion remonte aux Grecs eta sans doute été jetée dans la science par deshommes étrangers à l’étude de la nature. Ona bien rapproché dans la méthode VÆgilopsdes Triticum , mais sans penser qu’ils pus-sent réciproquement se convertir l’un enl’autre. Les Romains donnaient l’Ivraiecomme la Graminée génératrice du Fro-ment. Pline , l’écho de toutes les vérités etde toutes les erreurs, regardait le Fromentcomme le produit de dégénérations succes-sives d’autres céréales.

Dans l’impuissance où l’on s’est trouvé deconstater historiquement l’origine du Fro-ment , on en a conclu qu’il existe encorequelque part à l’état sauvage; et la Tartarie,ce berceau obligé de tous les êtres dont onignore l’origine, a été signalée .comme lapatrie du blé. Olivier l’a , dit-on, trouvé enPerse à l’état sauvage ; Michaux a retrouvél’Epeautre dans le même pays, sur unemontagne , à quatre journées d’Hamadan ;les savants qui rejettent absolument lestransformations organiques en ont concluque le Blé croissait spontanément dans l’A-sie centrale .

Il est, ce me semble, un sage milieu en-tre toutes ces opinions , et l’on peut ration-nellement rejeter les deux extrêmes. En pré-sence des changements par hypertrophie q uJse sont opérés dans les végétaux cultivés etles animaux domestiques, pourquoi ne P aSvoir dans notre Froment un vrai Triticumdont la graine, petite d’abord, comme cellede la Fétuque flottante qui sert d’aliment enPrusse et en Pologne , se serait successive-ment améliorée par la culture ; et, passantavec les siècles par des milieux divers » aacquis les qualités que nous lui connaissonsaujourd’hui ? L’influence climatérique jonctin grand rôle dans le développement desêtres ; et de nos jours encore, malgré l’étatde perfection auquel est arrivé le Froment,nous voyons ses qualités et son volumechanger suivant les lieux, dans des propor-tions extraordinaires et dans le cours d uneseule saison. Ainsi il est prouvé expérimen-talement (i), la seule preuve irrécusable,

(i) La jilupart des faits numériques mentionnés dans *