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Tome cinquième.
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que le grain du Froment augmente en poidsdans les régions tempérées , et diminue ens’avançant vers le sud, et que par upécontre-épreuve le contraire a lieu. Sur 54variétés de Blé du Midi cultivées à Paris ,deux seulement ont diminué de poids, etles autres, au contraire, ont prodigieuse-ment gagné. Ainsi : 100 grains de Blé deFellemberg venant du midi de la France oudes contrées avoisinant la mer Noire , pe-saient 40; sous le climat de Paris , le mêmenombre de grains a pesé 66 ; le Blé Pictet,pesant 42 1/2, a donné 79; le Blé rouge demars sans barbes, 54, 66; laRichelle blan-che, 72, 98; le Blé de Talavera, 72, 80; leBlé dur d’Odessa , 78, 98 ; le Blé Poulardrouge lisse, 93, 103; laPétanielle blanche,97, 121. La contre-épreuve a donné lesmêmes résultats: ainsi, des Blés cultivés àParis et envoyés à Toulon ont subi les chan-gements suivants: 100 grains de Blé de Ta-lavera , pesant à Paris 90, ont pesé à Tou-lon 77 1/2; la Richelle blanche, 100, 66;la Pétanielle blanche , 90 , 77 ; le Poulardblanc lisse, 104 , 85.

Pourquoi alors ne pas admettre, envoyant, par l’effet de la seule influence desmilieux, une même variété changer en plusou en moins de 30 pour cent, que l’espèceprimitive de Trüicum n’a pas, par le doubleeffet de la culture et du changement de mi-lieu , pu augmenter successivement de vo-lume, et arriver, au bout d’un certain nom-bre d’années à avoir acquis son maximumde développement? Puis ensuite sont venuesles modifications superficielles qui ont altéréla forme primitive de l’espèce améliorée, etont donné naissance aux nombreuses varié-tés que nous connaissons aujourd’hui.

Pourquoi n’en serait-il pas du Fromentcomme de l’Orge, du Seigle et de l’Avoine ,dont la patrie nous est inconnue, parcequ’elles aussi sont des céréales amélioréespar la culture? Mais il a fallu, avant tout,flue l’espèce type ait produit des semencescapables de servir originellement aux usagesalimentaires ; et si nous cherchions parmiles Graminées annuelles (circonstance impé-rieusement nécessaire pour arriver à unePrompte transformation) qui croissent sansculture dans nos environs, nous en trouve-

ar tiele ont été empruntés à l’exrellent mémoire de M. Loise-^«r-Deslongt-Fiamps sur les Céréales.

rions plusieurs dont la semence serait immé-diatement convertible en farine ou en gruau.L’histoire de nos fruits, de nos- légumes, enest un exemple. Le fruit de l’Abricotier etcelui du Pêcher n’ont pas été primitivementaussi volumineux que nous les voyons au-ourd’hui ; un mésocarpe mince et coriace,acerbe peut-être, en recouvrait les noyaux.Aujourd’hui nous assistons à des améliora-tions fréquentes dans ces fruits, et nousn’en sommes pas surpris. Pourquoi vouloiralors trouver absolument le Froment à l’étatsauvage dans les mêmes conditions quecelles que nous lui connaissons dans noscultures, ou n’en expliquer l’existence quepar une métamorphose qui n’est peut êtrepas impossible, mais inutile pour expliquerson origine? Un fait qui, s’il était confirmé,viendrait à l’appui de l’opinion de la modifi-cation des êtres par suite des seules influencesambiantes , indépendantes de tout croise-ment, c’est que M. Deslongchamps regardel’hybridité comme impossible entre les Blés qu’il a observés, parce que la fécondation alieu à huis clos, et que, quand les étaminesfont saillie au dehors, les anthères sont déjàvides. Il en conclut que les variétés localesde Froment sont des races bien établies.Cette idée est au moins étrange.

En compulsant les annales des peuplesles plus anciens, les Chinois et les Égyptiens,on n’y trouve aucun renseignement sur l’é-poque où le Froment a été introduit dansleur agriculture, de même que les écrivainsde l’antiquité ne nous disent rien de l’in -troduction du Froment en Grèce et en Italie .Les commentateurs, qui placent avec raisonsans doute le berceau du Froment dansl’Asie centrale , disent qu’il n’a été cultivéqu’assez tard dans l’Europe méridionale , etque ce fut d’Égypte qu’il fut apporté. Aureste nous ignorons, malgré les gloses nom-breuses des commentateurs des livres an-ciens, s’il est question du Froment dans laBible , et si par Chittah on doit entendrele Triticum sativum ou le T. spella. LesGrecs des premiers temps historiques neparaissent pas l’avoir connu : quoique dansl’Iliade il soit question du nxvpoç , que quel-ques traducteurs ont interprété par Froment,on croit que sous ce nom Homère a vouludésigner l’Orge . Faute de pouvoir s’entendreon a concilié toutes les opinions, en disant