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herbes ; elle aimait beaucoup le miel , etpréférait le chènevis à toutes les autresgraines. » Legrand naturaliste a remarquéqu'elle buvait fréquemment, qu’elle dor-mait quelquefois deux jours de suite , etqu’elle était aussi quelquefois deux ou troisjours sans dormir ; que pendant le sommeilelle se mettait en rond , cachait sa tête , etl’enveloppait de sa queue ; que, tant qu ellene dormait pas, elle était dans un mouve-ment continuel si violent et si incommode ,que quand même elle ne se serait pas jetéesur les volailles, on aurait été obligé del’attacher pour l’empêcher de tout briser.
La l’ouine, sans s’attacher positivementà son maître , peut cependant s’apprivoiseret devenir capable d’une certaine éducation.J’ai été témoin d’un fait assez curieux quile prouve. Dans un village sur les bords dela Saône , un ancien garde-chasse, un peufripon , était parvenu à apprivoiser si bienune Fouine , qu’il appelait Robin , que ja-mais il ne l’a tenue à l’attache; elle couraitlibrement dans toute la maison , sans rienbriser et avec toute l’adresse d’un chat. Elleétait turbulente, il est vrai, mais elle pre-nait ses précautions pour ne rien renveiser.Elle répondait à la voix de son maître, ac-courait quand il l’appelait, ne le caressaitpas, mais semblait prendre plaisir à ses ca-resses. Elle vivait en très bonne intelligenceavec Bibi, petit chien terrier anglais quiavait été élevé avec elle. Ceci est déjà trèssingulier, mais voici qui l’est davantage :Eobin et Bibi n’étaient pour leur maître quedes instruments de vol et des complices.Chaque matin le vieux garde sortait de chezlui , portant à son bras un vaste panier àdeux couvercles dans lequel était caché Ro-bin; Bibi suivait derrière son maître, luimarchant presque sur les talons. Ce trio screndait ainsi autour des fermes écartées, oùl’on est dans l’usage de laisser la volaille er-rer assez loin de l’habitation. Dès que bvieux garde apercevait une poule à proximite d une haie , dans un lieu où on ne pouvait le voir, il prenait Robin, lui montraila poule , le posait à terre et continuait soichemin. Robin se glissait dans la haie, s>faisait petit, rampait comme un serpentet s’approchait ainsi de l'oiseau ; puis toutà-coup il s’élançait sur lui et l’étranglaisans lui donner le temps de pousser un cri
Alors le vieux fripon de garde revenait surses pas; .Bibi courait chercher la poule etl’apportait suivi de Robin ; l’oiseau étaitaussitôt mis dans le panier avec la Fouine ,qui avait sa petite loge séparée, et l’on seremettaiten marche pour chercher une nou-velle occasion de recommencer cette ma-nœuvre. A la fin , les fermiers du voisinages’aperçurent de la diminution du nombre deleurs poules et de leurs chapons ; on se mità guetter, et l’on ne tarda pas à saisir lesvoleurs sur le fait. Le juge de paix , quin’était nullement soucieux des progrès del’histoire naturelle, fit donner un coup defusil à la Fouine, et crut faire grâce auvieux garde en ne le condamnant qu’à payerles poules qui, grâce à Bibi et à Robin,avaient passé par son pot-au-feu.
4. Le Pékan, Mustela canadensis GmL; lePékan de Daubent, et de G. Cuv., est unpeu plus grand que les espèces précédentes.Ses pattes, sa queue, le dessous de soncorps et son museau sont d’un brun marrontrès foncé ; ses oreilles sont blanchâtres ; lereste du corps est d’un brun gris varié denoirâtre, très changeant et passant quel-quefois au noir. Celte espèce vit sur le borddes lacs et des rivières, dans des terriersqu'elle sait se creuser. Elle habite le Canada et le nord des États-Unis. On en connaîtune variété entièrement blanche, qui,chezles fourreurs, porte le nom de Vison blanc.
5. La Marte a tête de Loutre , Mustelalulreocephala Harlan; le Mink des Améri-cains, de Warden ; le Mustela rufa Desm.,Mustela vison Shaw, est un animal assezmal déterminé par les auteurs , et il ne meparait pas former une espèce bien distincte.Voici, d’ailleurs, ce qu’en dit M. Is. Geof-froy : « La courte description et les indica-tions données par Warden ne permettentpas de décider si le Mink des Américainsdiffère réellement du Vison et du Minkd’Europe , et s’il existe deux espèces dans lesÉtats-Unis , sans compter le Pékan et lesautres Martes bien caractérisées, que nousavons dit appartenir à la même contrée.L’examen des diverses pelleteries que possèdele Muséum laisse dans le même doute. Nousavons trouvé, en effet, parmi les animauxde l’Amérique du Nord , des individus d’unbrun foncé, d’autres d’un marron clair,d’autres enfin d’une nuance intermédiaire.