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plus ou moins comprimé, très rarementéchancré et incliné vers le bout ; des narinessituées à la base du bec, étroites; des tar-ses courts, placés un peu en arrière ducorps; quatre ou trois doigts, l’externepresque aussi long que celui du milieu, au-quel il est uni dans une grande partiede sa longueur; une queue généralementcourte et des ailes de médiocre longueur.
En général, les Martins-Pêcheurs se dis-tinguent des autres oiseaux par leur forme,et ont entre eux une très grande analogiesous le rapport des couleurs. Ainsi leur corpsest épais, court, ramassé pour ainsi dire;leur tête est allongée, grosse, et, presquechez toutes les espèces, couverte de plumesétroites plus ou moins longues, et formant,vers l’occiput, une sorte de huppe immo-bile qui a une direction contraire à celle dubcc. Quaut à leur plumage , lustré chez lesuns , mat chez les autres , il est, en géné-ral , assez richement coloré ; et parmi lescouleurs qui les parent, on peut dire que,dans toutes les espèces, le bleu domine sousses différentes nuances.
Les Martins-Pêcheurs , ou mieux les oi-seaux que nous réunissons sous ce nom gé-nérique, n’ont pas une conformité de mœursaussi grande que ce que pourrait le fairesupposer leur conformité générale d’organi-sation. Ainsi, tandis que les uns ont deshabitudes essentiellement aquatiques , qu’ilsne sauraient exister loin des rives des fleuvesou des bords de la mer, les autres, au con-traire, ne fréquentent qu’accidentellementles rivières et ne vivent qu’au sein des fo-rêts touffues et humides : cette différenced’habitat produit nécessairement une diffé-rence dans le régime ; tels sont ichthyo-phages, tels autres insectivores. C’est enraison de ces considérations que les premierssont plus particulièrement désignés sous lenom de Martins-Pêcheurs , et que les se-conds ont été distingués sous celui de Mar-tins-Chasseurs. D’ailleurs , les uns et les au-tres sont des oiseaux solitaires, qui viventordinairement loin de toute société , et quiévitent même celle de leur semblable. Tousont un vol rapide et bas, direct et peu sou-tenu.
L’espèce dont on connaît le mieux lesmoeurs est, sans contredit, notre Martin-Pêcheur d'Europe (Alcedo ispida). Soumise,
pour ainsi dire, à notre observation de tousles jours, tous ses actes nous sont devenusfamiliers. Mais, ainsi que la plupart desanimaux qui vivent dans le voisinage del’homme, et qui se font remarquer par quel-ques attributs particuliers , le vulgaire s’estplu à doter cet oiseau de propriétés mer-veilleuses. Il y a peu de nations qui ne luiaient reconnu quelque faculté extraordi-naire. Les anciens croyaient que son corpsdesséché repoussait la foudre; que, portésur soi, il communiquait la grâce et labeauté ; qu’il donnait la paix à la maison ,le calme à la mer, et rendait la pêche abon-dante sur toutes les eaux. Ce qu’il y a desingulier, c’est que des idées à peu prèspareilles se trouvent chez les Tartares etles Asiatiques. Si ces croyances ont totale-ment disparu, d’autres sont restées, et l’onn’est pas peu surpris d’entendre , dans noscampagnes, dire et affirmer que la dépouilledu Martin-Pêcheur a la singulière propriétéde conserver les draps et les autres étoffesde laine en éloignant les teignes qui pour-raient les dévorer. Les dénominations d’Oi-seau-Teigne, Drapier, Garde-Boutique, etc.,font tous allusion à cette prétendue facultédont nous venons de parler. 11 est inutile dedire que cette croyance tombe devant lesfaits; les plumes du Martin-Pêcheur de-viennent, comme celles des autres oiseaux ,la pâture des Teignes, et sa chair est la proiedes Anthères et des Dermcstes.
Dépouillée de ces erreurs, qui pouvaienten être jadis la partie intéressante, l’his-toire du Martin-Pêcheur d’Europe (histoirequi, à quelques différences près, doit êtrecelle de toutes les autres espèces ) n’est pasmoins pleine d’attraits. Cet oiseau, que l’onvoit triste et toujours seul, si ce n’est à l’é-poque des amours, a un caractère sauvageet méfiant qui lui fait fuir la présence del'homme. Lorsqu’on l’approche, il part d’unvol rapide, file en rasant la surface de l’eauou du sol, et en suivant ordinairement tousles détours d’une rivière. En volant, il faitentendre un cri perçant qu’expriment assezbien les syllabes Ici 1;i kivi là; c’est mêmede ce cri que lui vient, selon Gesner , lenom latin ispida. Il est peu d’oiseaux de sataille dont les mouvements d’ailes soientaussi prompts, et qui cependant puissentmieux commander à son vol. Au moment où