:mar
19
il parcourt l'air avec le plus de vélocité, ils’arrête tout d’un coup et s’y soutient pen-dant plusieurs secondes. A ce moment, sesbattements d’ailes, réitérés et pressés, res-semblent à une sorte de trémoussement, etne peuvent être comparés qu’à ceux du Fau-con lorsqu’il plane, ou encore mieux à ceuxdes Colibris , lorsqu’ils cherchent leur nour-riture dans le calice des fleurs. Le Martin-Pêcheur alcyon ne saute ni ne marche lors-qu’il se pose à terre, ce qui tient à l’ingrateorganisation de ses .pieds. Comme il ne peutsaisir sa proie qu’au passage, et qu’il estforcé de l’attendre pour s’en emparer, la na-ture l’a doué d’une patience admirable. Onle voit des heures entières, épiant les pois-sons, perché sur une branche morte, surune pierre qui s’élève dans l’eau, ou mêmesur la rive d’un fleuve, et dans une immo-bilité complète. On a vanté la patience duHéron ; on a dit avec quelle persévérance ilattend, les pieds dans l’eau, qu’une proiePasse à portée de son bec; mais cependantle Martin-Pêcheur ne le lui cède pas sous cerapport. Il est, comme le Héron, doué d’unegrande patience : il sait attendre , et aussi-tôt qu’il aperçoit un poisson, il fond des-sus avec la rapidité de l’éclair , en tomliant d’aplomb, la tête en bas , et en piongéant dans l’eau : le plus ordinairementil Tait cette pêche aux petites espèces, ouencore il s’attaque aux petits individus desgrandes espèces; mais, à défaut de ceux-11 > il se jette sur ceux d’une taille plusforte, et alors, si sa capture est d’unegrosseur qui ne lui permette pas de l’ava-!cr > il la porte à terre, et là il la dépècejont à l’aise. La manière dont le Martin-êcheur traite la proie vivante qu’il vientUe sa ' s ir est un fait digne de remarque, et1 appelle ce que font beaucoup d’oiseaux in-sectivores. Avant de la déglutir, il la conserve quelque temps dans sou bec, la tourne,la retourne, la bat contre une pierre oucontre un tronc d’arbre; il ne se contentepas de la tuer, il la malaxe, la pétrit, siIon peut dire, et, lorsqu’il la juge suffisamment brisée, il l’avale la tête la pre-mière ; ce qu’il y a de particulier, c’estfin’il agit de même à l’égard d’une proiemorte.
De l’habitude qu’a le Martin-Pêcheur detoujours se poser sur les branches mortes
AJAR
était venu ce conte, né en Allemagne et ac-crédité chez nous, du moins dans la classeignorante, que cet oiseau fait sécher le boissur lequel il s’arrête ; mais depuis long-temps l’opinion a été rectifiée sur ce point.C’est par instinct que le Martin Pêcheur sepose de préférence sur les branches sèchesou dépouillées de feuilles qui avancent surl’eau ; de là il est mieux à portée de guetteret d’apercevoir les poissons , isolé qu’il estde tout ce qui pourrait borner sa vue ; de làaussi il peut tomber dans l’eau sans querien l’arrête. L’hiver, lorsqu’il est forcépar la glace ou la crue des eaux de quittermomentanément les rivières, on le voit surles bords des ruisseaux d’eau vive exercerson industrie aux dépens alors plutôt desinsectes aquatiques que des poissons. Maiscomme, dans ces circonstances,il ne trouvepas toujours d’arbres où il puisse s’arrêter,il chasse en voltigeant continuellement; ils’élève , plane, puis plonge si une proie seprésente. Lorsqu’il veut changer de place,il descend de quelques pieds, continue àvoler, s’arrête de nouveau , se relève et s’a-baisse encore : il peut, de cette manière,parcourir de grandes distances.
Au rapport des voyageurs, les Martins-Chasseurs font dans les forêts ce que lesMartins-Pêcheurs et ses congénères font lelong des rives des fleuves et des ruisseaux etsur le bord de la mer; ils attendent patiem-ment, juchées sur une branche, qu’un in-secte, une larve ou un ver de terre, semontrent et passent à portée d’être saisis.
Les Martins-Pêcheurs ne chantent point ;ils ne font entendre que des cris aigus; ceuxdel 'Alcedo gigantea ressemblent à des éclatsde rire. Ils entrent en amour au printemps.On ne connaît pas, jusqu’à présent, d’es-pèce qui fasse un nid proprement dit. Cesoiseaux, comme les Pics, les Guêpiers, etc.,nichent, les uns dans les crevasses qui exis-tent le long dès berges des rivières ou dansles trous qu’y creusent les Rats d’eau, lesautres dans les trous pratiqués sur les troncsdes vieux arbres. Leurs œufs varient ennombre selon les espèces; généralement ilssont blancs. Notre Martin Pêcheur d'Eu-rope en pond ordinairement six ; le trou aufond duquel il les dépose a quelquefois deux. pieds de profondeur, et dans les abords de! ce trou sont toujours entassées des arêtes et