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Tome huitième.
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la portion de la pierre qui vient d’être dis-soute. Ces Mollusques, habitant l’intérieurdes pierres, ont été nommés Lühophages,d’après la fausse supposition qu’ils auraientcreusé la pierre pour s’en nourrir, mais enréalité c’est seulement pour y trouver ungîte. On peut considérer enfin comme pro-duite par une sécrétion la phosphorescencede certains Conchifères lithophages, tels quedes Pholades.

Système nerveux des Mollusques etorganes des sens.

Le système nerveux, qui manque presqueentièrement chez les Tuniciers et les Bryo-zoaires , est de plus en plus complet en al-lant des Brachiopodes aux Conchifères, puisde là aux Gastéropodes , et de ceux-ci auxCéphalopodes , qui, sous ce rapport commesous tous les autres, sont considérablementplus élevés dans l’échelle des êtres. Les Cé-phalopodes , en effet, ont un ganglion princi-pal qu’on a même voulu nommer un cerveau,logé dans une cavité cartilagineuse de latête. De ce ganglion partent des nerfs pourles bras, pour les organes des sens, pour lemanteau et pour les viscères ; mais il en partaussi latéralement deux cordons, qui vontjoindre au-dessous de l’œsophage un gan-glion sous-œsophagien, avec lequel ils com-plètent un anneau comme chez les Articuléset les Gastéropodes . A la suite du ganglionsous-œsophagien , et en communicationavec lui, se trouve aussi un autre ganglionqui fournit spécialement des nerfs aux vis-cères. Les nerfs principaux du manteauforment d’ailleurs aussi, dans l’épaisseur decette enveloppe musculeuse si importante,deux ganglions considérables.

Les Gastéropodes ont aussi autour de l’œ-sophage un anneau nerveux, formé par deuxPaires de ganglions sus-œsophagiens (cer-veau) et sous-œsophagiens; mais chacune•le ces paires peut être remplacée par unganglion unique. Il en part directement desnerfs pour les viscères et les divers organes;•nais le cordon nerveux destiné aux organesgénitaux est ordinairement plus volumi-neux, et renflé lui-même en un gangliond’où partent d’autres fdets nerveux.

Les Conchifères n’ont pas un anneau ner-veux aussi nettement prononcé autour de

l’œsophage. Lue paire de ganglions accom-pagne, en effet, I’oriflce buccal , au-dessusduquel une bride nerveuse les réunit ;mais les ganglions postérieurs, ceux qui sontcensés compléter l’anneau nerveux , en sonttrès éloignés vers l’extrémité postérieure ;ils sont situés au-delà du pied chez les Mol-lusques qui sont pourvus de cet organe;toutefois on reconnaît encore que ces gan-glions, souvent confondus en un seul, sontréunis avec les premiers par deux cordonslongitudinaux , d’où résulte un circuit ferméquoique très allongé. Des nerfs pour les vis-cères , pour les muscles, pour le manteau etpour les siphons, partent aussi de ces gan-glions ; ceux du manteau des Peignes etdes Spondyles présentent une dispositionparticulière dont nous parlerons plus loin.

Le système nerveux des Monomyaires estcomplètement dissymétrique; celui des Di-myaires, au contraire, est souvent presquesymétrique.

Les sensations extérieures, chez beaucoupde Mollusques, paraissent réduites à un tou-cher très délicat, exercé par toute la surfacede la peau molle et muqueuse comme par lalangue et la membrane olfactive des Mam-mifères ; on peut concevoir qu’alors ce sensplus parfait et plus exalté permet à ces ani-maux de reconnaître, soit dans l’air, desvariations d’humidité, soit dans l’air et dansl’eau des variations de température et decomposition dont nous n’avons nulle idée.Telles paraissent être exclusivement les sen-sations des Bryozoaires, des Tuniciers , desBrachiopodes et même des Conchifères , etde beaucoup de Gastéropodes et de Ptéro-podes ; mais chez plusieurs autres on a re-connu des organes de vision et d’audition.

Les Céphalopodes sont ceux qui présen-tent les organes des sens plus distincts etmoins équivoques ; leurs yeux, au nombrede deux, sont presque aussi parfaits que lesyeux des Vertébrés : on y trouve égalementune cornée , un iris , un cristallin et uncorps vitré; mais le globe de l’œil n’est pasaussi complètement circonscrit par une sclé-rotique, et le nerf optique, au lieu d y arri-ver par une seule ouverture pour s’épanouiren une rétine, arrive, en se divisant, parde nombreuses ouvertures, et forme unganglion spécial sur son trajet. Les nerfsoptiques, d’ailleurs, naissent des deux côtés