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Tome huitième.
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sont solitaires ou rapprochées deux à deux ,geminali (ex.: Splachnum), quelquefoissoudées entre elles dans une étendue plusou moins grande et libres au sommet (ex. :Dicranum). Une raie longitudinale indiquedans ce cas la trace de la soudure. Les dentsextérieures sont réunies au sommet dans lesgenres Conostomum et Funaria; elles sontnombreuses et très courtes dans les Poiy-trics, où elles aboutissent à une membranetendue comme une peau de tambour surl’orifice de la capsule. Cette membrane,qui parait fournie par le sommet du spo-range , a reçu le nom d’Épiphragme (Epi-phragma). Au lieu de dents, ce sont descils contournés en spirale simple ou double,qui garnissent l’ouverture de l'urne desTortules. Les dents extérieures, nées descellules intérieures de la membrane capsu-laire, sont généralement plus robustes,plus épaisses que les cils du péristome mem-braneux que nous allons examiner à l’in-stant. Avant la chute de l’opercule, lesdents extérieures des Mnium sont recou-vertes et unies par une membrane incoloretrès tendre et finement pointillée ; lorsqueces dents s’écartent, la membrane se romptselon la longueur, et laisse sur le dos dechaque dent un tégument composé d’unedouble rangée de cellules quadrangulaires.(Voy. Bruch et Schimper Bryol. Europ. ,Fasc. V, p. 10 {Mnium), t. 9, f. 16).

Péristome intérieur. Ce péristome, quipart du sommet du sporange dont il est leprolongement, se compose souvent de huità seize cils (Cilia , Processus ) , lesquels al-ternent avec les dents du péristome exté-rieur , ou bien , ce qui est le cas dans touteslesHypnées, ces cils naissent d’une mem-brane très délicate, ordinairement plissceen carène, et dans les sillons ou plis ren-trants de laquelle se logent les dents exté-rieures. Enfin, entre chaque cil du péris-tome intérieur, dont le dos caréné offremaintes fois aussi des fentes ou des jours,on trouve un, deux ou trois filets continusou articulés (Ciliola), ordinairement pluscourts. Dans plusieurs genres, le bord de lamembrane en question est irrégulièrementdéchiqueté. Le péristome intérieur, tou-jours membraneux et d’un tissu délicat, sePrésente sous la forme d’un cône entier ad-mirablement réticulé dans les Fontinales,

ou sous celle d’une coupole à laquelle adhè-rent les dents extérieures dans le genre Cin-clidkmi. Si l’on réfléchit que ce péristomen’est que la partie supérieure du sac sporo-phore, l’on concevra qu’il est l’analogue del’opercule , et l’on se rendra facilementraison de sa structure dans les deux der-niers exemples que nous avons rapportés.

Spores. Dans la jeunesse du fruit, l’es-pace qui sépare la columelle des parois cap-sulaires et le sporange lui-même ne sontque du tissu cellulaire. C’est dans les cel-lules de ce tissu, remplies de granules ver-dâtres ou de chlorophylle , que se formentles spores {sporæ ), par un mécanisme sem-blable à celui par lequel se développent lesgrains de pollen dans l’anthère des phané-rogames. Ce mécanisme a été très bien ex-pliqué par M. Valentin dans un fort beaumémoire qui a été inséré dans le tome XVIII,p. 499, des Transactions de la Société Lin-ne'enne de Londres , et par M. Lautzius-Be-ninga dans une thèse de philosophie soute-nue et imprimée à Gotlingue en 1844 ( 1 ).Chacune des cellules dont nous avons parlécontient dans l’origine quatre spores dontla forme est celle d’une courte pyramidetriangulaire à faces planes, contiguës et àbase convexe. A une époque plus rapprochéede la maturité, la cellule-mère étant résor-bée , les spores, devenues libres, tendentincessamment à reprendre et finissent parreprendre en effet la forme sphériquequ’elles présentent au temps de leur dissé-mination. Leur surface extérieure est alorslisse, aréolée ou hérissée de tubercules etde pointes très fines. Leur volume variebeaucoup aussi. Elles sont composées d’unsporoderme ou membrane extérieure, etd’un nucléus granuleux , qu’accompagnentordinairement quelques gouttes d’une huileéthérée. Dans une Mousse du Chili , notreWeissia (Eucamptodon) perichœtialis, nousavons observé et publié {Ann. sc. nal., août4845, p. 420) un fait curieux d’anamor-phose des spores , dont il semblerait qu’onpeut inférer que celles-ci sont restées à l’é-tat rudimentaire jusqu’à la maturité de la

(r) M. Hugo Muhl a aussi beaucoup contribué à éclairerla formation des spores dans les Mousses par son Mémoireinséré dans le Flore i833, sous le titre de Einigâ Berna -kutigen liber die Entwickelung und der Bander sporen derKryptogmisçhen Gevâchse<