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Tome huitième.
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MOU

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l’aspect a fait si souvent comparer les Mou-flons aux Daims et aux Chevreuils, estchangé en une laine moelleuse. Cette der-nière modification a surtout semblé bienremarquable, et il n’en pouvait être autre-ment , puisqu’elle suffisait seule pour chan-ger entièrement la physionomie de l’animal ;aussi les naturalistes ont-ils de bonne heuretenté de l’expliquer, et leurs recherches ontdonné ce résultat qu’il n’y a pas là, commeon aurait pu être porté à le croire, une sortede métamorphose ou même de créationnouvelle , mais un développement de cespoils laineux , qui existent chez tous lesMammifères des pays froids, et qui se trou-vent même avoir déjà chez les Mouflons uneforme et une disposition analogues à cellesde la laine de nos Moutons domestiques.Mais comment et par quelles causes s’estopéré ce changement des poils laineux enune véritable laine? Commet)t s’est opéréela disparition des poils soyeux que l’on ob-servait en même temps ? Toutefois la naturedu pelage n’a pas subi, dans toutes les ra-ces domestiques , la modification dont nousvenons de parler ; et quelques unes d’entreelles ont encore, sous ce rapport, conservéles caractères du type primitif, le Mouflon.Plusieurs races ont un vrai poil court, secet soyeux , comme celui du Mouflon ; d’au-tres ne conservent ces poils que sur la têteet sur les membres , et chez elles le corpsest couvert seulement par les poils intérieursplus ou moins fins, plus ou moins abondants,et qui constituent la laine. La queue courtedu Mouflon se voit encore dans quelquesMoutons du Nord, tandis que dans ceux desrégions tempérées elle s’allonge, et que, dansplusieurs variétés des contrées chaudes duglobe , cette queue se charge d’une loupegraisseuse qui acquiert souvent un volumetrès considérable; enfin les couleurs du pe-lage des Moutons couverts de vrais poilssont presque toujours rapprochées du fauveet régulièrement disposées, tandis que ceuxqui n’ont que de la laine sont le plus ordi-nairement blancs ou bruns.

Toutes les races de Moutons domestiquesproduisent entre elles, et leurs métis pré-sentent toujours des caractères mixtes rela-tivement à ceux de ces races. Toutes parais-sent avoir un défaut complet d'intelligence 1 ,et clics sont totalement sous l’empire de

l’homme. L’espèce, dégénérée au dernierpoint, est peut-être la seule parmi celles desanimaux domestiques qui ne pourrait pasrevenir à l’état de nature, si elle se trou-vait même placée dans les circonstances lesplus favorables à son existence ; une foisabandonnée par l’homme, elle ne tarderaitpas à disparaître.

Ce n’est qu’à l’époque du rut que lesMoutons entiers ou Béliers montrent quel-que ardeur, quelque courage ; alors seule-ment un sentiment de jalousie irréfléchi lesporte à se battre entre eux , ce qu’ils fonten s’élançant les uns contre les autres et ense frappant à grands coups de tête ; horsde ce temps, ils sont dans un état completd’indolence et de stupidité. Les femelles ouBrebis ne semblent avoir qu’un faible atta-chement pour leur progéniture, et elles sela voient enlever sans chercher à la retenir.Los jeunes, qui à leur naissance portent lenom A'Anlennois, et qui plus tard, pendantun an, ont reçu celui à'Agneaux, semblentdoués d’un sentiment un peu plus fin; caril est constant qu’ils reconnaissent parfaite-ment leur mère au- milieu d'un troupeau ,ce qu’ils ne doivent peut-être qu’à une lueurd’instinct qu’ils ne tardent pas à perdre. Ilssont de la plus parfaite indifférence les uns àl’égard des autres; ils se rapprochent et seserrent lorsqu'ils éprouvent quelque frayeur,ce qui leur arrive souvent; et toujours,dans leur marche ou leur fuite, la détermi-nation d’un seul, le plus avancé, ou plutôtle hasard qui dirige la marche de celui-ci ,devient la règle de conduite de tous les au-tres ; ils ne savent éviter aucun danger, etmême ils sont incapables de chercher aucunabri contre les intempéries de l’atmosphère.Ils savent à peine trouver leur nourrituredans les terrains peu abondants en végétaux,et en cela ils sont loin de montrer un dis-cernement comparable à celui des Chèvres.Leur constitution est très faible , et leurconservation demande des soins constants.

Les produits des Moutons dont l’hommetire les plus grands avantages sont leurchauet leur lait, dont il se nourrit; leur peau et

surtout leur laine , qui lui fournissent des

vêtements ; leur graisse, dure et solide, dé-signée sous le nom particulier de suif, <l u )emploie à s’éclairer pendant la nuit; enfinleurs excréments, qui, donnant un engrais