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MUE
MUE
tème tégumentaire, quoique certains phé-nomènes , comme le remplacement desdents de lait par celles de la seconde den-tition, le renouvellement annuel d’un nou-veau bois chez certains Mammifères, soientdu domaine de la Mue. Une autre diffé-rence notable doit être constatée : dans laMue, comme dans la Métamorphose , il y abien métastase d’un organe à un autre; mais,dans le premier cas, le nouvel organe estessentiellement analogue à celui qu’il rem-place, et il y a toujours entre le premier etle second, sinon une similitude parfaite, dumoins beaucoup de ressemblance; et, aucontraire, dans la Métamorphose , la métas-tase s’effectue, du moins le plus souvent, àl’égard de deux organes entre lesquels il n’ya pas d’analogie, et entre lesquels on ne peuttrouver d’autre relation que celle qui existeentre deux organes dépendant du même ap-pareil et appartenant à la même fonction ;encore peut-on très bien concevoir une mé-tastase entre deux parties étrangères l’une àl’autre, même sous ce dernier point de vue.Enfin, dans la Mue, et cette dernière diffé-rence n’est en quelque sorte qu’un simplecorollaire de la précédente, les deux organesà l’égard desquels se fait la métastase ontla même position, et l’un se développe à laplace qu’occupait l’autre, ou du moins prèsde cette place, en sorte que tous deux ne seressemblent pas moins par leur position quepar leur essence ; il n’en est pas de mêmede la Métamorphose, et le changement d’or-gane se fait parfois d’un lieu à un autre:c’est ainsi que, chez certains Amphibiens, lamétastase a lieu de la queue aux membres.
Il y a donc des différences notables entre laMue et la Métamorphose ; mais cela n’empê-che pas que ces deux phénomènes ne soientproduits par la même cause, et souvent de lamême manière; tellement que l’on peut dire,avec M. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire , quela Mue n’est qu’une sorte particulière deMétamorphose . Au mot transformation- dece Dictionnaire, les phénomènes particuliersà la Métamorphose seront exposés avec dé-tail , et nous ne nous occuperons plus main-tenant que de ceux qui appartiennent à laMue.
La Mue se manifeste chez presque tous lesanimaux, et même on peut observer desphénomènes qui s’y rattachent chez les végé-
taux. Toutefois le mot de Mue ne s’appliqueguère, en général, qu’aux Mammifères, auxOiseaux et à quelques Articulés, tandis quele nom de Métamorphose est donné auxchangements plus ou moins notables quel’on remarque chez les Amphibiens etsurtoutchez les Insectes en général.
Chez les animaux supérieurs, on doit dis-tinguer deux sortes de Mues, celles qui s’ef-fectuent au passage d’un âge à un autre, etcelles qui se font au passage d’une saison àune autre. Ces dernières sont peu sensiblesdans quelques espèces, et produisent, aucontraire, chez d’autres, des changementsd’une haute importance : ainsi l’on n’ignorepas que beaucoup d’animaux blanchissent enhiver, et qu’un très grand nombre d’Oiseauxrevêtent, à l’approche de la saison d’amour,de riches parures, qu’ils dépouillent bientôtaprès. De là d’immenses différences entre leplumage de deux individus de la même es-pèce pris à différentes époques de l’année;de là aussi une source de graves difficultéset d’erreurs sans nombre pour ceux qui abor-deraient l’étude de l’ornithologie sans unesage défiance. La Mue n’est pas, comme onpourrait le croire, un phénomène simple;elle n’arrive jamais sans quelque troubledans les fonctions, et l’animal qui la subitéprouve des malaises plus ou moins graves.
Après ces considérations générales, exa-minons rapidement les phénomènes que pro-duit la Mue dans les différentes classes d’a-nimaux.
Quoique l’Homme soit sujet à muer, quoi-qu’on ait considéré sa seconde dentitioncomme un phénomène analogue à celui dela chute des bois dans certains Ruminants,et par suite comme une sorte de Mue, nousn’entrerons cependant dans aucun détail àson égard, parce que ses Mues ne sont quepartielles, et parce qu’enfin la métastasesemble s’opérer chez lui à toute époque dela vie. Voy. l’article haces humaines.
Chez les animaux domestiques à l’abrides rigueurs du froid , élevés par les soinsde l’homme, il en est de même ; et peut-êtrepour les mêmes causes, les changementsque produit la Mue sont soustraits à 1 in-fluence des saisons : la Mue, chez eux, se faità des époques irrégulières ; mais chez lesanimaux sauvages, c’est-à-dire chez ceux quivivent en plein état de liberté ,
elle a lieu