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Tome huitième.
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MU 11

MUR

des futailles, et, dans quelques parties dumidi de l’Europe , on croit qu’il contribueà améliorer la qualité du vin. 11 est coloréen brun dans la partie centrale ou dans lecœur, en jaune clair dans la partie exté-rieure ou l’aubier. On évalue son poids à40 livres 7 onces par pied cube. 11 ressembleau reste beaucoup pour sa nature et pourses usages à celui du Mûrier blanc, qui acependant un peu plus de densité. La ra-cine du Mûrier noir se distingue par uneamertume prononcée qui l’a fait regarderet quelquefois employer comme fébrifuge.Sa feuille rude et d’un tissu ferme est peuestimée pour la nourriture des Vers à soie;ceux qui en oiit été nourris ne donnentqu’une soie de qualité inférieure; néan-moins, dans les parties de l’Europe méridio-nale où la sériciculture est encore sousl’empire de la routine et des habitudes tra-ditionnelles , on la mêle fréquemment àcelle du Mûrier blanc. Son fruit est usitésoit comme alimentaire, soit comme sub-stance médicinale. Sous ce dernier rapport,on en emploie le jus exprimé ou surtoutpréparé eu sirop contre les angines et lesaphtes. La volaille le mange avec avidité;aussi le plante-t-on de temps immémorialdans les basses-cours, où il est encore utilepar l’ombre épaisse qu’il donne. Cet arbreest très peu délicat sur la nature du sol ; ilse multiplie aisément par graines, bouturesou marcottes. Son accroissement est lent.C’est l’un des végétaux qui bourgeonnent leplus tard dans nos climats, et, malgré cela,l’un de ceux qui mûrissent leurs fruits despremiers.

2. Mûrier blanc , Morus alla Linn. Cetteespece, sur l’existence de laquelle repose l’in-dustrie séricicole, source de tan t de richesses,forme un arbre assez analogue de taille etde port au précédent, mais qui s’en distin-gue cependant, même sous ce rapport, parscs jets plus nombreux, plus grêles, plusdroits, et par son écorce de couleur plusclaire. Ses feuilles sont plus minces et moinsfermes, lisses, glabres et luisantes à leurface supérieure qui semble légèrement ver-nie, non rugueuses, munies en dessous deduvet à l’aisselle des nervures, d’un vertgai, le plus souvent en cœur et dentées enscie sur les bords, quelquefois lobées, gé-néralement acumiuccs au sommet, à pétiole

légèrement canaliculé en dessus, accompa-gnées de stipules verdâtres, linéaires-lancéo-lécs ou oblongues-lancéolées, glabres; dansles fleurs mâles, les étamines sont à peine pluslongues que le périanthe. Son fruit agrégéest assez longuement pédonculé, de couleurblanchâtre ou rosée , de saveur douceâtre etfade.

Le Mûrier blanc n’existe à l'état sauvagequ’en Chine ; mais il s’est naturalisé dans l’A-sie-Mineure, et même sur quelques points del’Europe méridionale . Son introduction enEurope , bien autrement importante quecelle de l’espèce précédente , est beaucoupplus récente , et l’on sait quels développe-ments sa culture y a pris dans ces dernierstemps. L’emploi de ses feuilles pour lanourriture des Vers à soie , et par suite saculture, remonte, en Chine , à une hauteantiquité; en effet, les chroniques du Cé-lestc-Empire rapportent que , 2700 ansavant Jésus-Christ , l’impératrice Si-ling-chi,femme de l’empereur Hong, remarqua queles Vers à soie se nourrissaient des feuillesdu Mûrier, et qu’elle songea à tirer parti deleursoie. Dès cetinstant, l’industrie séricicoleprit naissance en Chine , et quelques sièclessuffirent pour lui donner des développe-ments importants. Plusieurs siècles plustard la culture du Mûrier, et par suite cellede la soie, passèrent de la Chine dans l’Inde ,en Perse, en Arabie ; mais elles restèrentinconnues en Europe pendant longtempsencore , et la précieuse matière qui formaitune source abondante de richesses pourl’Asie continua d’être payée au poids del’or par le petit nombre d’empereurs ro-mains dont le luxe ne recula pas devantson prix exorbitant. Maisau milieuduvi 0 siè-cle (55S), deux missionnaires ayant ap-porté à Constantinople des œufs de Vers àsoie qu’ils s’étaient procurés au péril deleur vie, le Mûrier commença d’y être cul-tivé. La nouvelle industrie ne tarda pas ase répandre dans le midi de l’Europe : aucommencement du vm c siècle, les Arabes l’introduisirent en Espagne et en Portugal ;mais ce fut le Mûrier noir qu’ils apportè-rent en même temps dans ces contrées, e l

dont la culture y fut exclusivement adoptée

pendant quelques siècles. Le Mûrier blancresta confiné à Constantinople et en Grèce ;mais en 1130, fioger, roi de Sicile , l’intro-