MUR
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(luisît dans cette île et s’efforça d’en propa-ger la culture. De là , cet arbre passa dansritalic méridionale. Vers le milieu duxv c siècle, il arriva dans la haute Italie ;peu après , le seigeur d’Allan en transportaen France un pied qu’il fit planter à Allan,où l’on dit qu’il existe encore aujourd’hui.Cependant ce ne fut qu’à la fin de ce mêmesiècle (1494) que plusieurs seigneurs etgrands propriétaires, à leur retour des guer-res d’Italie, en rapportèrent plusieurs pieds,qui devinrent la souche de ceux que nouspossédons aujourd’hui. Bientôt de grandsefforts furent faits pour répandre la culturede cet arbre précieux. François Traucat,jardinier de Nîmes , en fit (1564) une grandepépinière qui approvisionna le midi de laFrance. D’un autre côté, Henri IV sentit sibien l’importance de cette acquisition que ,d’après ses ordres, Olivier de Serres en fit(1601) des plantations considérables dansle jardin des Tuileries. Plus tard, Colbert fit encore plus : il voulut d’abord obligertous les propriétaires à planter un certainnombre de Mûriers sur leurs terres ; maissa mesure ayant amené des résultats entiè-rement opposés à ceux qu’il se proposaitd’obtenir, il lui en substitua une nouvellequi consistait à payer une prime de 24 souspour chaque pied de Mûrier planté depuistrois ans. Grâce à cet encouragement, lesplantations de Mûrier blanc se répandirentrapidement sur presque toute la France . Onsait qu’à partir de cette époque l’industrieséricicole est devenue l’une des plus impor-tantes de notre pays. A une époque récente,plusieurs autres États de l’Europe se sontégalement livrés à la culture du Mûrier.Ainsi la Bavière , à partir de 1820, et quel-ques autres parties de l’Allemagne , en ontfait de nombreuses plantations; la Russie elle-même a adopté la culture de cet arbreen Crimée , où il a très bien réussi. Il n’estPas jusqu’aux parties méridionales du Da-nemarck et de la Suède où l’on n’ait fait àcet égard des essais qui n’ont amené, il estvrai, que des résultats médiocres.
La haute importance du Mûrier blancréside surtout dans sa feuille, que tout lemonde sait être l’aliment habituel du Verà soie ( Bombyx Mon Linn.); cependants on bois, de couleur et de grain analogues àcelui du Mûrier noir , mais plus dense
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(44 livres par pied cube), est préféré à celuide ce dernier par les menuisiers, les char-rons et les tonneliers ; son écorce très filan-dreuse peut être employée à peu près commecelle du Tilleul. Rosier dit même qu’ellepeut être utilisée comme matière textile.Le bois de sa racine donne une couleurjaune , qu’on dit très solide. Quant à sonfruit, sa saveur douceâtre et fade ne permetd’en tirer parti que pour nourrir la volaille.
C’est donc principalement pour sa feuilleque le Mûrier blanc est cultivé. Sous ce rap-port, il l’emporte beaucoup sur le Mûriernoir, dont son introduction en Europe a faitnégliger la culture et auquel il a été substi-tué presque partout. D’abord ses bourgeonss’ouvrent environ quinze ou vingt jours plustôt, ce qui le rend, il est vrai, plus sensibleaux gelées tardives, mais ce qui, en mêmetemps, permet de commencer de meilleureheure les éducations des Vers à soie; ensecond lieu, son accroissement est plus ra-pide, et tel que ses pieds coupés ras donnenten une pousse des jets de i mètre et demide long; enfin son feuillage est plus abon-dant, et ses feuilles plus tendres, plus nutri-tives, donnent à la soie une qualité notable-ment supérieure. D’après les recherches deM. Bonafous, elles renferment une matièregrasse, une substance résineuse, de la gomme,du sucre et une matière extractive jaunâtre.Les proportions de ces diverses substancesse modifient sensiblement d’après le sol oùl’arbre végète, et de là résultent des varia-tions très sensibles dans la qualité de la soie.On a reconnu que la feuille des Mûriersplantés en des lieux hauts, secs, exposés auxvents, ou dans des fonds légers, donne unesoie abondante, fine et nerveuse, tandis quecelle des arbres qui croissent en des lieuxbas et humides, dans des terres très argileu-ses, donne une soie moins abondante etde qualité inférieure. La cause en est, a-t-ondit, en ce que, dans le premier cas, ces feuil-les renferment une plus forte proportion dematière résineuse.
De nombreux ouvrages et mémoires ontété écrits sur la culture du Mûrier blanc;ne pouvant entrer ici, à cet égard, dans delongs détails, nous nous bornerons à dire quecet arbre se multiplie avec facilité par grai-nes, par boutures et marcottes. Ses semisdonnent des pieds plus vigoureux et de tneil-