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leure venue ; aussi ce mode de multiplicationest il souvent préféré. Dans ce cas , on sèmeles graines immédiatement après leur matu-rité, ou bien on les stratifie lorsqu’on nedoit les mettre en terre qu’au printempssuivant, ce qui a lieu dans les pays un peuseptentrionaux. On recommande de choisircelles fournies par des arbres sains, d’âgemoyen, et qui n’aient pas été effeuillés dansl’année. Semées dès leur maturité, elles lè-vent le même automne. Les jeunes plantsqui en proviennentreçoivent le nom vulgairede pourrelles. Ils doivent être abrités contrele froid de l’hiver pendant les deux ou troispremières années. Assez généralement, onles greffe dès qu’ils ont pris un peu de force;mais les avis sont encore partagés relative-ment aux avantages de cette opération, quise fait d’ordinaire en flûte. Ne pouvant nirapporter ni discuter ici les diverses maniè-res de voir qui ont été émises à cet égard,nous renverrons pour cela, ainsi que pour deplus amples détails, aux ouvrages qui ontété publiés sur la culture du Mûrier et dontnous citerons les principaux : Castelet, Surle Mûrier blanc; Grognier, Recherches histo-riques et statistiques sur le Mûrier, le Ver àsoie, etc.; Lyon , Cobb, Manualofthe Mul-berry Tree; Pascal i, Trealise on the Mul-berry; Bonarous, Traité de l'éducation desVers à soie et de la culture du Mûrier; Pbi-lippar, Sur la culture du Mûrier, etc., dansVarrondissement de Versailles , etc.
3. Mûrier mülticaule, Morus multicaulisPerrot. ( M. talarica Desf., M. cucullalaBonaf.). L’introduction de ce Mûrier en Eu-rope est toute récente ; elle est dueà M. Per-rottet, qui, en 1821, en porta des pieds deManille à l’île Bourbon , d’où il en transportaà Cayenne et ensuite en France . C’est ungrand arbrisseau à racines traçantes d’oùs’élèvent ordinairement plusieurs tiges pres-que droites, rameuses dès la base, minces etflexibles, dont l’écorce est parsemée de pe-tits tubercules (Ienticelles) blanchâtres ettrès saillants: ses feuillessontd’un vertclair,arrondies à la base ou largement cordiformes,brièvement acuminées au sommet, irrégu-lièrement dentées ; longues de 2 ou 3 déci-mètres, larges de 15 à 20 centimètres ; flas-ques, minces et tendres ; bullées ou commecrépues, glabres sur leurs deux faces ; por-tées sur un pétiole long d’environ 1 décimè-
tre, large, un peu comprimé et comme trian-gulaire à sa base; accompagnées de deux sti-pules blanchâtres, lancéolées, scarieuses.Les étamines des fleurs mâles sont plus cour-tes que le périanthe. Le fruit, d’abord blanc,devient ensuite rouge et enfin noir ; il estoblong ou turbiné, petit, de saveur aigre-lette très agréable.
Le Mûrier inulticaule est originaire de laChine , où il paraît habiter les lieux élevés;c’est de là qu’il s’est répandu dans les par-ties basses voisines de la mer. Plus tardil a été transporté dans les iles de l’Archi-pel d’Asie , où on le cultive seulementcomme espèce d’ornement, et d’où il est en-fin venu en Europe . M. Perrottet a fait res-sortir les avantages qu’il présente, et sesmémoires à ce sujet (Ann. Soc. lin», deParis , 1824 ; Ann. de Fromont, janv. 1830 ;Archiv . de botan., mars 1833) ont éveillél’attention des sériciculteurs, qui n’ont pastardé à lui donner une place importantedans leurs cultures. Des expériences et deséducations comparatives ont prouvé que lafeuille de cette nouvelle espèce est trèsavantageuse par son abondance, par la mol-lesse de son tissu, et par la bonne qualité dela soie que donnent les Vers qui en ont éténourris. De plus, la multiplication des piedsest extrêmement facile ; leur pousse est hâ-tive, leur végétation vigoureuse et rapide;ils ne se montrent nullement difficiles à lataille ; ils craignent peu le froid ; enfin ilsrepoussent de partout soit pendant, soitaprès la cueillette. Ces avantages ont paruplus que suffisants pour compenser les in-convénients qui ont été trouvés au Mûriermulticaule, et dont le principal consiste ence que ses grandes feuilles sont facilementdéchirées par les vents. Au reste, nous ren-verrons.pour de plus amples détails sur cetteespèce aux mémoires de M. Perrottet quenous venons de citer, ainsi qu’à un rapportde M. Soulange-Bodin, lu à la Société d’en-couragement le 26 décembre 1832, im-primé par extrait dans les Annales de Ft’O'mont (décemb. 1832 ), et au rapport deM. Philippar (cité plus haut), lu le 4 n0 'vembre 1835 à la Société d’agriculture etarts de Seine-et-Oise.
Il est encore d’autres espèces de Mûriers qui présentent de l’intérêt, soit parce q ueleur feuille peut être employée avantagea-