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On en a rencontré en Europe, en Afrique ,dans l’Inde et dans l’Amérique septentrio-nale; mais c’est surtout en France et en Al-lemagne qu’on en a découvert le plus grandnombre.
La difficulté de se procurer ces animaux,leur petite taille, leur pelage , dont les cou-leurs varient parfois dans la même espèce,suivant les âges, les saisons et les sexes, etc.,ont rendu la caractéristique spécifique trèsdifficile; aussi les naturalistes ne sont-ils pasd’accord sur le nombre d’espèces qu’on doitplacer dans ce groupe. Les uns n’en recon-naissent qu’un trop petit nombre , et d'au-tres, au contraire, en admettent peut-êtretrop. Pour nous, nous n’indiquerons que lesespèces les mieux connues.
Quelques Musaraignes conservées à l’étatde momie ont été trouvées dans les nécro-polis des anciens Égyptiens, et la raisonqui semble avoir déterminé ce peuple àplacer la Musaraigne au nombre des ani-maux sacrés, c’est que, suivant AntoineLiberalis, Latone avait pris la forme de cepetit animal pour échapper aux poursuitesde Typhon; ou bien, d'après Plutarque ,parce que cet animal ne nuit pas , et que ,suivant les Égyptiens, les ténèbres étaientplus anciennes que la lumière. Parmi lesnaturalistes, Olivier parait être le premierqui ait reconnu les restes d’une grande es-pèce de Musaraigne au nombre des momieségyptiennes; depuis, on en a trouvé plu-sieurs dans les anciens tombeaux , et ce faitest tout-à-fait acquis à la science. Mais cequi ne l’est pas autant, c’est de savoir siles Musaraignes momifiées appartiennent àdes espèces distinctes , ou si l’on doit lesrapporter à une espèce ( Sorex flavescens )qui vit encore aujourd’hui en Égypte , etqui s’y trouve même communément. Tou-tefois M. Isidore Geoffroy-Saint-Hilairc avaitrapporté des momies de Musaraigne aux So-rex myosums et araneus, et il avait faitd’une autre momie une espèce distincte sousle nom de Sorex religiosus ; mais, d’aprèsMM. Ehrenberg et de Blainville, il paraî-trait que les Musaraignes égyptiennes mo-mifiées ne seraient très probablement que leSorex flavescens , grande espèce d’Afrique ,que l’on rencontre souvent en Égypte .
Les Musaraignes ont été également signa-lées a 1 état fossile. G. Cuvier, le premier,
a indiqué des débris de Musaraigne dans unebrèche ossîuse provenant de Sardaigne , etM. de Blain ville rapporte ces débris au So-rex fodiens , ou au Sorex remifer. D’autresMusaraignes fossiles ont été signalées parMM. Wagner, de Schlotheiin , Billaudel, etsurtout par M. Schmerling. Ce dernier zoo-logiste décrit deux crânes presque completsde cet Insectivore, et il a pu les rapporteravec certitude aux Sorex araneus et vulga-ris. Enfin M. de Blainville signale quelquesdébris de Musaraigne trouvés dans les dé-pôts de Sansans et de l’Auvergne .
Après ces généralités sur le groupe natu-rel des Musaraignes, nous allons terminercet article en donnant la description desprincipales espèces, et nous indiquerons lesdiverses divisions qui ont été proposées parles auteurs ; toutefois, nous suivrons prin-cipalement la classification donnés parM. Duvernoy.
I. Sonnx, Duvernoy. (Sorex, Auct.; Crnci-
dura, Wagler; Suncus, Hempr. et Ehr.;
Myosorex? Gray; Pacliyura , Selys.)
Les deux incisives intermédiaires infé-rieures à tranchant simple, et les deux supé-rieures en hameçon , c’est-à-dire ayant untalon en pointe ; les trois ou quatre pe-tites dents qui suivent, à la mâchoire supé-rieure, diminuant rapidement de volumede la première à la dernière ; aucune dentn’est colorée.
Les espèces de ce groupe, remarquablespar leur conque auditive développée, décou-verte, nue ou très peu poilue, sont presquetoutes exclusivement terrestres ; elles setrouvent en Europe et dans diverses régionsde l’Afrique ; on en a indiqué une espècecomme appartenant à file do Java.
La Musaraigne commune ou Musette Buf-fon (Uist. nat. gin. elpart., t. VIII, pl. 10;Et. Geoff.-St.-Hil., Ann. Muséum, t. XVII;Daubenton, Mcm. de l’Acad. des sc., 1756,pl. 5, fig. 2; Vicq d’Azyr , Sysl. anat. desanim. , t. III, l ,c partie); Sorex araneusSchrebr., Aldrovande, Duvernoy; S. rus-sulus Zimmerman ; S. pachyurus Kuster;S. inodurus Savi; S. Gmelini, Guldenstci etsuaveolens? Pallas; S. fimbrialus, moscha-lus, major, rufus et poliogasler Wagler ;Crocidura avança Selys, etc. La longueurdu corps et de la tête est d’environ 0’”,062,