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s'attachent au bassin, sont plus longuesqu’à l’ordinaire, à cause de l^écarlemcntdes pubis. Chez les femelles, et dans leplus grand nombre des espèces, notam-ment chez les Sorex araneus et fodiens, levagin est très long, et cette longueur faitque le corps de la matrice est extrême-ment court, porté très en avant dans lacavité abdominale, hors du bassin consé-quemment, ainsi que les cornes dans les-quelles il se divise immédiatement; dans leSorex Ilermanni, au contraire, le vagin estcourt et l’utérus se divise do très bonneheure en deux larges cornes, du moinsdans un état de gestation très avancée. Lesglandes mammaires sont énormes; elles for-ment deux paquets très considérables qui sejoignent sur la ligne médiane de la régionabdominale postérieure et du pubis. Chezces animaux, d’après quelques anatomistes,les hémisphères cérébraux sont petits et sanscirconvolutions, ce qui n’empêche pas quele volume de l'encéphale ne soit assez consi-dérable, ainsi qu’on peut en juger par l’exa-men de la boîte crânienne, qui a beaucoupde longueur, et qui est meme assez élar-gie dans sa portion postérieure, etc.
Les Musaraignes ressemblent beaucoup ,soit par leurs formes extérieures, soit parla nature et les couleurs de leur pelage ,soit môme, à plusieurs égards, par leur or-ganisation intérieure, aux petites espèces dugenre Rat, dont on les distingue d’ailleursfacilement au premier coup d’œil par laforme allongée de la tête, par leur petitetrompe et par tous les caractères qui diffé-rencient un Insectivore d’un Rongeur. Lesanciens plaçaient, du reste, les Musarai-gnes avec les Rats , et leur dénominationprovient du nom de l’espèce type, dési-gnée jadis sous le nom latin de Mus araneus.Brisson, d’après Pline , les avait désignésgénériquement sous la même dénominationde Musaraneus, et c’est Linné qui leur aappliqué le nom de Sorex, qui a prévaludans la science.
Ces Insectivores sont généralement de trèsPetits animaux; en effet, le plus petitMammifère connu est le Sorex elruscus,l’une des espèces de ce groupe. Ils sontpresque aveugles, vivent d’insectes , de"Vers, de petite proie, et habitent solitaires'les trous dans la terre ou dans les murail-
les , d’où ils sortent rarement de jour. LesMusaraignes vivent près de nos habitations, etquelques unes se trouvent dans nos greniers.Plusieurs espèces vivent dans les lieux secs,d’autres se plaisent, au contraire, dans lesprairies humides ou sur le bord des fon-taines, et on les voit plonger dans l’eaupour s’emparer de leur proie. La plupartrépandent, et surtout à l’époque du rut,une odeur qui, dans quelques espèces , ap-proche beaucoup de celle du musc, et pro-vient chez eux de glandes particulières quise trouvent sur les flancs. C’est à tort quel’on a dit que leur morsure était venimeuse.
L’histoire zooclassique du groupe desMusaraignes présente un grand intérêt ;mais nous n’en dirons ici que quelques mots,renvoyant nos lecteurs, pour plus de dé-tails , à notre article insiïctivobiîs. Aristote désignait les Musaraignes sous le nom deMygale, Pline leur appliquait le nom deMusaraneus', un assez grand nombre d’au-teurs anciens , ou du moyen-âge, se sontoccupés des animaux de ce groupe; enfin,parmi les modernes, on doit aussi citerplusieurs zoologistes : pour nous, nous n’in-diquerons que Daubenton et Bulïon, quien ont donné, l’un l’histoire anatomique etl’autre l’histoire zoologique, dans la grandeHistoire naturelle générale et particulière ,publiée en 1760; Hermann et Pallas, quiaugmentèrent le nombre des espèces; Savi,Say, M. de Selys-Longchamps, qui sui-virent la même voie; et enfin les travauxmonographiques ou de révision de ce groupe,par Étienne Geoffroy-Saint-Hilaire et parMM. Vagler (Class. des Mamm. , 1830 et1833), Duvernoy (Sou. d’hisl. nal. de Stras-bourg , t. II, 1837), Jennys (Mag. ofsoolog.and botan., t. II, 1837), Nathusius ( Ar-chives de Wiegmann, 1838), de Blainville(Ann. d’anal, et de phys., 1838 ; Ostéogra-phie, fascicule des Insectivores, 1843), Is.Geoffroy-Saint-llilaire (Mag. dezool., 1840,Dict. class. article Musaraigne), etc.
Le genre Musaraigne doit être mis aunombre de ceux qu’on désigne sous le nomde cosmopolites ; on retrouve les espèces quile composent dans toutes les parties dumonde et sous presque tous les climats ,et on devrait même admettre, suivant lesnaturalistes américains , que quelques es-pèces sont communes aux deux continents.