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Tome huitième.
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» lets si c’est un Agaric, et les tubes si c’est» un Bolet. Nous avons ainsi cinq portions,» savoir: la tranche intérieure, les deux» côtés du pédicule, et ceux du chapeau.« Cette opération terminée, on expose la» plante à l’air le temps nécessaire pour en-» lever une partie de son humidité sans» rider sa surface; on la met ensuite en» presse, comme les autres plantes, dans>i une feuille de papier non collé , qu’on aa soin de renouveler journellement jusqu’ài> ce que le Champignon soit parfaitement" sec. Il suffit alors d’attacher sur du papier» blanc chaque pièce dans sa position natu-’i relie pour avoir une idée nette du Chain-ii pignon. La volve ou bourse et l’anneau» sont pareillement conservés par cette mé-» thode. Dans quelques petites espèces,a comme VAgaricus filopes , supinus, gale-» rkulatus , il devient inutile d’enlever lesa feuillets. » Cette méthode, comme on levoit, a de grands avantages ; elle est préfé-rable à celle que Lüdensdorff publia quel-ques années auparavant, et qui consiste àfaire bouillir les Bolets et les Agarics dansdu suif de Mouton , qui s’insinue et pé-nètre dans toutes leurs parties ; on lesretire à mesure qu’ils se refroidissent, lesuif se fige, et on obtient des Champignonsque l’auteur conseille de recouvrir d’un ver-nis pour les conserver : comme les formes,les couleurs sont complètement altérées etméconnaissables , les Champignons ne sontd'aucune utilité, et personne, à ma connais-sance, n’a cherché à se faire un herbier my-cologique de celte nature.

Le voyageur qui veut utiliser ses collec-tions de Champignons charnus, doit en faireun croquis afin d’avoir le port et les propor-tions; noter s’il y a une volve ou un an-neau ; reconnaître la couleur des spores ;indiquer 1 épaisseur du chapeau, et surtoutht disposition des lames, leurs rapports avecle pédicule; et enfin exprimer par une teinteplate la couleur des diverses parties. A sonretour, il trouve tous les éléments néces-saires pour les décrire et les représenter,s’il le juge convenable.

CONSERVATION DES CUAMPIGNONS.

On a cherché à les conserver dans leurétat naturel ou après les avoir desséchés.Dans le premier cas, on ne pouvait y parve-

nir qu’en les plongeant dans un liquide;dans le second, qu’en les imbibant d’un li-quide préservatif quand ils sont secs.

En 1823 , M. Guillcry [Ann. de la Soc.linn. , Paris , 1823 ) a proposé de les mettredans l’acide pyroligneux. Ce moyen les con-serve très bien, mais la couleur est promp-tement détruite. J’ai vu VAgaricus amelhys-teus Bull., après cinq ou six ans de séjourdans ce liquide, n’avoir éprouvé d’autre al-tération que celle de sa couleur. Cooke, chi-rurgien anglais , conseille l’eau salée. Jame-son ( Nev. Edinb. philos. Journ. , 1829,p. 373 ) rapporte que ce chirurgien pré-senta à la Société linnéenne de Londresun individu de Clavaria muscoides par-faitement intact, qui avait séjourné plusde trois années dans cette simple prépara-tion ; sa couleur était seulement un peu plusfoncée. On sait que c’est un moyen de con-servation dont on se sert dans l’art culi-naire; MM. Tulasne s’en servent avanta-geusement pour l’étude des Tubéracés; etdans les expertises médico-légales, c’estpeut-être le seul que l’on puisse employer,et qui permette de reconnaître, de constateravec certitude, l’espèce qui aurait causé unempoisonnement criminel ou par ignorance.L’eau dans laquelle on met quelques mor-ceaux de camphre donne le même résultat.J’ai vu pourtant, après trois ou quatre mois,des Ilygrocrocis se développer et les Champi-gnons tomber en décomposition. M. Moretti,de Pavie , se sert avec beaucoup d’ax'antagcd’unesolutionconcentréed’acétatede plomb.Bavle-Barlalle et Wittering conseillent defaire dissoudre dans l’eau autant de sulfa te

de cuivre qu’il en faut pour qu’elle prenneune couleur bleue; on ajoute A parties d’al-cool à 10 de cette solution et on y plonge lesChain pignons.Lüdensdorff (Froriep’sNolis-yb. 18 , p. 10) recommande l’huile dans la-quelle on a mis du sulfate d’alumine. J’ alessayé la solution de ce sel dans l’eau: lesChampignons se sont conservés pendantquelque temps, puis ils se sont décomposes.En Flandre on les met dans l’eau de chaux,

paraît qu’ils se conservent très bienl’usage culinaire. Dans l’alcool conte-des quantités variables de deutoxyde deure, ils ne se déforment pas; maisisicolorent, et se couvrent d’une couche;he qui les rend méconnaissables. Il n y