472
MYC
j\IYC
de papier forment un volume considérable,des paquets très irréguliers et souvent fortdifficiles à déplacer sans en faire tomberquelques uns. Pour avoir sous ma main leséchantillons, et pour obvier aux inconvé-nients dont je viens de parler, je me suisfait depuis longtemps un herbier que jepourrais dire portatif. Les Champignonssont fixés sur des cartons fins recouvertsd’une feuille de papier ; chaque carton re-présente donc une feuille pliée sur elle-même, mais dont les deux parties seraientde nature différente. On peut leur donner10 à 12 centimètres de longueur, et de 6 à7 de largeur. Toutes les espèces ou toutesles sections d’un même genre sont réuniespar une bande de papier, sur laquelle onécrit le nom des genres et des sections ; lespaquets sont ensuite placés dans un casier,les uns à côté des autres, comme des livres.De cette manière j’ai un herbier divisé à l’in-fini. Une ou plusieurs cases renferment lesBasidiosporés , distribués méthodiquement;une autre les Thécasporés, et ainsi de suite;je n’ai qu’à consulter les titres comme dansune bibliothèque pour avoir un genre et sesespèces, ou ses différentes sections quand ilen embrasse plusieurs.
Pour former un semblable herbier, il fautfaire choix d’échantillons qui ne laissentrien à désirer sous le rapport des caractères.On diminue leur volume, on les aplatitavant de les fixer sur les cartons. Si l’on n’apas une nombreuse suite d’individus, on ale caractère principal, qui est le plus pré-cieux.
On a l’habitude d’enfermer les échantil-lons dans des capsules, ou de les coller parune de leurs faces sur une feuille de papier.J'ai presqueentièremenlabandonné les pre-mières, parce qu’elles demandent trop detemps et de précautions pour les ouvrir et lesfermer, et je ne colle les échantillons quequand ils sont inséparables des corps surlesquels ils se sont développés; je fixe’ceuxqui sont libres, comme les Polypores, lesBolets, les Agarics , les Hydnes, les Thélé-pliores, etc., par l’extrémité inférieure dupédicule, ou par un point qui n’offre pas decaractères essentiels, à une petite bande-lette de parchemin, avec de la cire à ca-cheter, et l’autre extrémité de la bande-lette au carton, de manière que l’échan-
tillon n’aille ni à droite ni à gauche etqu’on puisse le retourner à volonté et voirses deux côtés. Toutes les personnes qui ontvu mon herbier ont été étonnées de son peude volume et de la facilité avec laquelle onpeut le consulter. M. le professeur Fée m’adit que la nécessité avait fait naître en luila même idée. Je tiens de M. Moriz quel’herbier de M. de Notaris, à Turin , est dis-posé de la même manière ; mais j’ignorecomment ils ont fixé leurs échantillons.
CHAMPIGNONS FOSSILES.
Existe-t-il des Champignons fossiles? Dansl’état actuel de la science, il est très diffi-cile de répondre d’une manière péremp-toire à cette question. Leur absence, dansl’histoire de l’ancien monde, doit paraîtred’autant plus étonnante, qu’ils devaient,comme aujourd’hui, se développer sur letronc des arbres ; pourquoi, soumis auxmêmes circonstances, n’ont-ils pas éprouvéles mêmes changements? On ne peut en ac-cuser leur structure trop délicate, lorsquel’on voit des Mousses et des Insectes par-faitement conservés.
Théophraste (Ilist. plant. , lib. IV, cap. 8)pensait qu’à la suite des grandes inonda-tions, lorsque les eaux venaient à se reti-rer, il croissait dans certains endroits desChampignons qui, sous l’influence de l’ar-deur du soleil , étaient changés en pierres.Pline (Hist. nal., lib. XIII, cap. l) repro-duit la même opinion. Willemet rapporte(Acl. de Dijon , 2 e semest. 1783, p. 202)que l’on a trouvé en Bohême une substanceoryctologique, pleine d’un minerai d'af'gent, qui ressemblait à un Phallus. Le pe ude détails que donne l’auteur ne permet pasde conclure si ce corps pouvait être comparéau Champignon qui porte ce nom et qui au-rait été minéralisé. Guellard considéraitcomme des impressions de Trémelles lesbelles dendrites pyriteuses que l’on voit surles ardoises d’Angers ; comment expli<l uerla présence de Trémelles dans ces schistes,puisqu’elles ne vivent pas dans la mer? Onne doit pas non plus regarder comme Cham-pignons fossiles les Madrépores que les an-ciens oryctologistes ont désignés sous lesnoms de Fungites, Fungus lapideus , » I(Irinus, coralloïdes, etc.. U est évident queces noms n’ont été donnés a certains o