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Tome huitième.
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On voit de distance en distance des ren-flements, des nœuds, se manifester ; il ennaît des filaments droits, simples ou ra-meux, qui portent des spores. Il n’y a pasd’espèce qui se prête plus facilement à cetteexpérience que V Ascopliora Mucedo. Un mor-ceau de pain chargé de cette moisissure, misdans une assiette de porcelaine avec des la-mes de verre, çà et là, et recouvert d’unecloche, laisse voir, du troisième au sixièmejour, toutes les surfaces recouvertes de nou-veaux individus. Comme son mycélium estnoir, il se dessine lui-même sur le blanc del’assiette, et, en portant les lames de verresous le microscope, on en observe toutes sesphases de végétation.

Est-il permis de conclure d’une expériencesi simple que le phénomène de la végétationest le même pour toutes les espèces de Cham-pignons? Certainement il est le même, puis-que l’expérience prouve que les spores végè-tent tou tes de la même manière, qu’elles don-nent naissance à un mycélium, et que de cemycélium naissent un ou plusieurs Champi-gnons. Il résulte de plus que le Champignonlui-même n’est pas une plante proprementdite, mais un fruit plus ou moins composé.Cette opinion n’est pas nouvelle; elle a déjàété émise par quelques auteurs de la fin dusiècle dernier et du commencement de celui-ci. La plus grande preuve que l’on puisse endonner, c’est que le mycélium a une existencepropre, qu’il est annuel ou vivace, et qu’àune époque fixe, quand les circonstancessont favorables, on le voit donner naissancea des Champignons, comme les arbres, lesplantes donnent naissance a des fleurs et, parsuite, à des fruits. Son époque de fructifica-tion écoulée (que l’on me passe cette expres-sion), il rentre dans le repos et attend sonl lr iniemps, son automne, sa saison, en unn >ot, pour donner de nouveaux fruits. Tout«st conforme ici à ce que l'on observe tousi«s jours. Pourquoi les Champignons s’écar-îeraient-ils donc de la règle générale?

Le mycélium est la souche, le tronc desChampignons; sans lui ils cessent d’exis-ter - Dans un Mémoire que j'ai présenté à1 Académie des sciences , sur lequel MM. les«onimissaires ont fait un rapport favorableet qui est inséré dans les Annales des sciencesnaturelles (loin. XX, p. 78 ) , j’ai distingué‘lustre formes de mycélium.

1° Le mycélium nérnaloïde ou filamen-teux. C’est le plus fréquent de tous; il con-siste en filaments simples ou rameux, cloi-sonnés, distincts, diversement colorés, sou-vent anastomosés. Ces anastomoses ont faitcroire à Aubert du Petit Thouars que lesChampignons différaient des autres plantesparce qu’il fallait la réunion de plusieursspores pour les produire, et qu’une seulegraine suffisait pour donner naissance à uneplante. Sa ténuité, son mélange avec le bois,la terre, les différents corps dans lesquels ils’est développé, nous empêchent souvent dele voir, mais assez généralement on le trouveà la base du pédicule sous la forme defilaments blancs. Les auteurs, peut-être àtort, en font rarementmention dans les des-criptions qu’ils donnent. Batlarra, à maconnaissance, est celui de tous qui lui aporté le plus d’attention. Il le considéraitcomme une véritable racine qui fixe leChampignon au sol et lui transmet les élé-ments de nutrition. C’est une opinion, dureste, qui a été généralement admise. Souscet état, il a donné naissance à un grandnombre de genres placés dans lesByssoidécs,que le professeur Fries a réduits à leur va-leur réelle.

2° Le mycélium hyménoïde ou membra-neux ne diffère pas sensiblement du précé-dent ; seulement les filaments sont plus rap-prochés, plus confondus, -et forment desmembranes plus ou moins épaisses. On letrouve principalement entre les feuilles ,sous les écorces, dans les trous pratiqués parles Insectes dans le tronc des arbres morts.Souvent il reste stérile , et forme alors lesgenres Xylostroma, llhacodium. Mais quandles écorces viennent à se fendre , qu’ilest en communication avec l’air et l’hu-midité, il naît de sa surface des Agaricset surtout des Bolets. Ces Champignonssont consécutifs à une maladie des arbres ,ils en accélèrent considérablement la mortpar la facilité avec laquelle leur mycélium enpénètre les interstices.

3" Le mycélium scléroïde ou tuberculeuxn’est jamais primitif, il est toujours consé-cutif au nérnaloïde. Sur différents points decelui-ci on voit naître des tubercules d’a-bord petits, puis qui augmentent de vo-lume. Leur structure est homogène, seule-ment leur surface est plus dense, et paraître-