Band 
Tome huitième.
Seite
556
JPEG-Download
 

MYli

556 MYR

De Candolle a divisé les Myrtes en deuxsous-genres :

A. Leucomyrtus : Fleurs blanches ; grai-nes presque en fer à cheval, dispersées irré-gulièrement dans les loges à la maturité.C’est ici que rentrent la presque totalité desespèces, et que se trouvent compris les Jos-sinia , DC.

La plus connue et la plus intéressante desespèces de ce sous-genre est certainement leMyrte commun, Myrlus communis Lin. Cetarbrisseau , que les anciens avaient poétiséen en faisant le symbole du plaisir, abondedans tout le bassin de la Méditerranée ,principalement sur les côtes et dans les lies;il croît dans les lieux pierreux abrités, et surles rochers exposés au Midi. Son port élé-gant et son joli feuillage en font une plantedes plus gracieuses. Sa tige est très rameuse;ses feuilles sont petites, nombreuses et rap-prochées, persistantes, d’un tissu assez con-sistant, ovales ou lancéolées, aiguës; sesfleurs blanches, assez petites, sont portéessur des pédoncules solitaires, uniflores, delongueur à peu près égale à celle des feuil-les, ayant à leur sommet 2 bractéoles li-néaires; leur calice est 5-fide. Son fruit estpresque arrondi, à 2-3-loges qui renfermentdes graines réniformes. On possédé beau-coup de variétés du Myrte commun , qui serangent en 2 sous-espèces : l’une, plus rare,croît dans les îles Baléares, dans la Grèce etdans l’Archipel ; elle se distingue par sonfruit blanc, assez gros, de saveur agréable,et comestible (M. communis leucocarpa) ;l’autre, beaucoup plus commune et pluslargement répandue, que distingue son fruitnoir et plus petit ( M. communis melano-carpa). C’est dans celle-ci que rentrent lesnombreuses variétés de cet arbuste que l’oncultive dans les jardins , et dont voici lesmieux caractérisées : a. il/, communis ro-mand , Myrte romain: feuilles de grandeurvariable, ovales, et pédoncules assez longs.6. il/, communis larentina, Myrte de Tarenle,Myrte à feuilles de Buis: feuilles ovales, pe-tites et sessiles; fleurs petites; fruit plus ar-rondi. y. M. communis italica, Myrte d'Ita-lie : branches plus droites; feuilles ovales-lancéolées, aiguës. 3. M. communis bætica,Myrte d'Andalousie ou à feuilles d'Oranger :plus élevé, plus ferme; à feuilles ovales-Jaucéolées, ramassées, r. il/, communis lusi -

tanica (M. acuta Mill.), Myrte de Portugal :feuilles lancéolées-ovales, aiguës; fleurs etfruits très petits, ç. il/, communis belgica ,Myrte de Belgique , Myrte moyen : feuilleslancéolées, acuminées, petites, rapprochées,dont la côte médiane est rouge en dessous,vi. M. communis mucronala (il/, minimaMill.) Myrte à feuilles de Romarin ou àfeuilles de Thym : feuilles linéaireslancéo-lées , acuminées. Ces variétés ont donnéelles-mêmes des sous-variétés encore plusélégantes qu’elles, mais moins constantes :les unes à fleurs doubles, d’autres à feuillesrayées de blanc , de jaune, tachetées desmêmes couleurs, etc.

Le Myrte commun était le végétal favorides anciens. Il était consacré à Vénus, etses bosquets entouraient toujours les tem-ples de cette déesse. Des couronnes de Myrteétaient décernées aux vainqueurs des jeuxde la Grèce ; dans les festins, les convives enceignaient leur tête. A Rome , deux Myrtesétaient plantés devant le temple de RomulusQuirinus pour représenter l’ordre des patri-ciens et celui des plébéiens. Le parfum de cetarbuste était extrêmement estimé des peu-ples de l’antiquité ; ses branches et ses fruitsservaient à parfumer les vins ; on en mettaitdes feuilles dans les bains; enfin son fruitétait employé pour aromatiser les mets, et laplante tout entière servait fréquemment enmédecine. De nos jours, le Myrte a perdu decette haute faveur; on sait cependant qu’ilest cultivé dans presque tous les jardins etqu’il compte parmi les espèces d’ornementles plus répandues. Dans les lieux mêmes oùil croît spontanément, on l’admet habituel-lement dans les jardins comme plante d’or-nement; on en fait particulièrement deshaies que son feuillage serré et frais rendtouffues et d’un bel effet. Dans nos climats,on le cultive en terre légère, à une expositionméridionale, en ayant le soin de l'enfermerdans l’orangerie pendant l’hiver. Il se mul-tiplie aisément par boutures, marcottes, grai-nes ou rejetons. Considéré sous le rapportde ses propriétés médicinales et de ses usa-ges, le Myrte commun se range dans la ca-tégorie des végétaux aromatiques, astringentset toniques. De là, ses feuilles et son écorceétaient employées autrefois en décoction etquelquefois en poudre pour des lotions etdes bains. On obtenait aussi de ses feuilles