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Tome huitième.
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et cependant ils se trouvent dans des condi-tions particulières, si on les compare auxanimaux des deux classes précédentes. Chezeux, la respiration est, pour ainsi dire, arbi-traire et jusqu’à un certain point volontaire ;l’animal, dans le plus grand nombre de cas,fait, à de longs intervalles, parvenir de gran-des quantités d’air dans ses vastes poumons,et l’action de ceux-ci s’exerce lentement; ilfaut ajouter que l’entrée et la sortie de cetair s’opèrent brusquement, en sorte que lanature et les qualités ne peuvent en êtreappréciées qu’à des intervalles éloignés etpendantde très courts instants. En observantles mœurs de ces animaux, on reconnaît, enoutre, qu’il est bien peu de circonstancesdans lesquelles l’odorat les dirige pour re-chercher ou choisir leurs aliments et mêmepour se rapprocher des individus d’un autresexe au temps de l’accouplement; aussi l’ap-pareil olfactif est-il très peu développé danscette classe, et les modifications que présen-tent les fosses nasales dans leur dispositionsont-elles plutôt en rapport avec les diffé-rents modes de déglutition et de respirationqu’avec la nécessité de percevoir les odeurs.Le plus souvent ces cavités ne sont forméesque par deux conduits simples, courts, ta-pissés par une membrane s’ouvrant à l’exté-rieur par des narines garnies, chez les Rep-tiles aquatiques, de valvules ou soupapesqui en déterminent l’occlusion quand il y alieu, et présentant à l’intérieur des ouvertu-res dont la disposition varie.

Les cavités nasales des Crocodiles sontnéanmoins plus compliquées ; elles ont plusde longueur; elles offrent des replis osseux,de véritables cornets et des sortes de sinusqui constituent l’organe olfactif le plus par-fait qui se rencontre dans la classe des Rep-tiles. Chez les Batraciens, au contraire, cemême organe est à peine ébauché ; ce n’estqu'un simple pertuis percé d’outre en outre,du bout du museau à la partie antérieure dupalais, derrière la lèvre supérieure. Enfin,presque oblitéré chez les Reptiles à branchiesqui ne respirent que par la bouche, il con-sisteen une double cavitéoblongue, s’ouvrantextérieurement à l’extrémité du museau, etintérieurement à la face interne de la lèvresupérieure. Outre cette conformation, qui lesrapproche des Poissons , les Reptiles bran-chies présentent en outre un plissement de

la membrane pituitaire qui en multiplie lasurface.Nous retrouvons aussi cette disposi-tion dans la classe suivante.

Malgré le peu de finesse constatée ou sup-posée de l'odorat des Reptiles, il est à re-marquer que le nerf olfactif, très développéchez eux, forme un véritable lobe parfoisaussi volumineux que la moitié de l’hémi-sphère cérébral.

Chez les Poissons , la respiration pulmo-naire est remplacée par la respiration bran-chiale ; aussi trouvons-nous dans cette classeune tout autre conformation de l’organeolfactif. Le plus souvent les cavités nasalessont de petites fosses superficielles sans com-munication avec l’intérieur, s’ouvrant exté-rieurement chacune par un et quelquefoispar deux orifices, et tapissées par une mem-brane à plis nombreux, appliqués les uns surles autres comme des lames branchiales. LaBaudroie présente une disposition toute par-ticulière : les organes olfactifs, en forme depetites cloches pédonculées, font saillie audehors.

Les cavités nasales des Poissons cyclos-tomes sont réunies en une seule, qui, chezles Myxinoïdes, traverse le palais et s’ou-vre dans la bouche. Pour les Poissons , lesmatières susceptibles d’all'ecter l’odorat sontévidemment contenues dans l’eau ; et cetétat de dissolution ne paraît point être unobstacle aux sensations olfactives, qui sem-blent très délicates chez les Raies, .chez lesSquales , pourvus d’un volumineux lobe ol-factif à cavité intérieure.

Arrivés aux animaux invertébrés, nousne rencontrons plus de cavités nasales; etcependant on ne saurait refuser l’odorataux Mollusques, aux Articulés: aussi leshypothèses son t-elles nombreuses sur le siègedu sens olfactif chez ces animaux. Le pro-fesseur de Blainville place l’odorat dans lestentacules des Mollusques supérieurs ; Spi*attribue le même usage aux petites cornesdes Limaçons ainsi qu’aux courts bras desSeiches; Owen donne la faculté olfactive aun organe lamelleux placé au-dessus de labouche du Nautile.

Chez les Crustacés décapodes (Écrevisse,Crabe ), animaux aquatiques, il existe dansl’article basilaire des antennes intérieures,ou internes, une petite cavité s’ouvrant al’extérieur, et contenant un petit appar el