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Tome huitième.
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OEIL

seur proportionnellement à la tcte, puisque,pris ensemble, ils forment près des deuxtiers de la masse de cette dernière. La sclé-rotique et deux petits muscles les fixent. Lebulbe oculaire est un peu comprimé de de-hors en dedans. Point de paupières chez laSeiche ordinaire ; son OEil est recouvert parun prolongement des téguments qui faitfonction de conjonctive et de cornée trans-parente. Chez le Poulpe, au contraire,quelques duplicatures de la peau formentdes paupières, l’une postérieure plus grande,l’autre antérieure plus petite, analogue à latroisième paupière des Oiseaux et des Mam-mifères. La postérieure contient des fibresmusculaires.

Les observations de Carus prouvent quela sclérotique se partage en arrière , chez lePoulpe et la Seiche , en deux feuillets quirenferment le renflement du nerf optique ;dans l’externe se trouve une petite plaquecartilagineuse chez la Seiche. La sclérotiqueest plus molle en avant ; vers son bord libreelle est d’un jaune rougeâtre dans la Seiche ;elle forme elle-même la pupille , qui estréniforme dans la Seiche et ronde chez lePoulpe. La choroïde est rougeâtre , nacrée ;elle se réfléchit en avant, devient plusépaisse, s’enduit d’un pigment de couleurpourpre foncé, et se prolonge, en fibres con-centriques (analogues aux procès ciliaires),vers le cristallin , qui est assez volumineuxet arrondi. Le renflement du nerf optique,après avoir traversé la sclérotique, est plusconsidérable que le ganglion cérébral ; il enpart d’innombrables filets, qui forment,chez la Seiche, une bande longue d’environ20 à 23 millimètres sur 4 à 3 de large. C’estde ces filets, qui percent le second feuilletde la sclérotique, que naît la rétine. Lesfibres saillantes de cette dernière, du côté ducorps vitré, sont enduites d’un pigmentpourpre foncé et peu adhérent.

L’humeur aqueuse est problématique ;mais presque toute la capacité intérieure del’OEil est occupée par une humeur vitrée ,liquide et visqueuse , renfermée dans unemembrane.

En résumé , l’OEil des Céphalopodes estparfait.

Nous renvoyons au travail d’Ehrenbergsur les Infusoires, pour la description del’appareil visuel chez ces animaux.

Physiologie de VOEU .

Nous supposons connus les principes dedioptrique et de catoptrique; et pour pointde départ de la théorie de la vision , nousnous contenterons de rappeler quelques unsdes axiomes de cette branche de la physique,parce qu’ils nous sont indispensables.

La lumière, quelle que soit son origine ,qu’elle soit une émanation ou une ondula-tion, se répand autour du foyer qui la pro -duit sous forme de rayons; ces rayons semeuvent en ligne droite , tant que les con-ditions du milieu à travers lequel ils passentrestent les mêmes ; s’ils tombent sur l’an-gle d’un prisme, ils se décomposent, et pro-duisent les différentes nuances du rouge auviolet qui constituent le spectre solaire ; s’ilsarrivent sur la surface d’un corps transpa-rent, ils traversent ce corps; si cette trans-parence est parfaite, les rayons lumineuxpassent tous, et le corps est invisible pournous ; si elle n’est pas complète, une partiedes rayons nous est renvoyée , ce qui rendle corps visible : c’est là ce qui constitue lephénomène de la réflexion. Les corps qui nese laissent pas traverser par les rayons lu-mineux sont dits opaques; maintenant lescorps opaques réfléchissent plus ou moinscomplètement les rayons lumineux, ou , aucontraire, les absorbent.

Les corps visibles, c’est-à-dire qui réflé-chissent des rayons lumineux, sont diver-sement colorés, et leur couleur varie sui-vant celui ou ceux des rayons élémentairesqu’ils sont plus aptes à absorber ou à ré-fléchir: s’ils les réfléchissent tous, ils pa-raissent blancs ; s’ils les absorbent tous, ilsparaissent noirs. L’état plus ou moins lisse,poli ou rugueux des surfaces , influe surcette propriété réflective et absorbante descorps.

Tout rayon lumineux qui tombe oblique-ment sur la surface d’un corps non trans-parent, est réfléchi suivant la loi de l'éga-lité de l’angle de réflexion à celui d’inci-dence.

Lorsqu’un rayon lumineux traverse uncorps transparent, s’il tombe perpendicu-lairement à la surface de ce corps, il con-tinue toujours directement son premiertrajet ; mais s’il tombe obliquement, et si

ce corps est d’une densité différente de celle