OEIL
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du milieu que vient de traverser ce rayon ,celui-ci est dévié de sa ligne droite. Le corpsest-il plus dense , le rayon lumineux, encontinuant son trajet, se rapproche de laperpendiculaire au point d’immersion. Est-il moins dense , c’est le contraire, et lerayon s’écarte de cette perpendiculaire.
La décomposition des rayons lumineuxpar le prisme qui les réfracte, prouve queles couleurs élémentaires ne sont pas égale-ment réfrangiblcs, le rouge l’est le moins,le violet l’est le plus. On appelle aberrationde réfrangibilité la coloration , suivant lescouleurs du spectre solaire, soit des objetsvus à travers un prisme ou un autrecorps réfringent, soit de leur image.
Quand les rayons lumineux, arrivant surun corps transparent, tombent sur une sur-face concave ou convexe , au lieu d'êtreplane, ils éprouvent des déviations diffé-rentes. Si la surface est convexe, ils con-vergent par le seul fait de cette convexité ,et indépendamment de l’influence du mi-lieu, en général plus dense, qu’ils traver-sent alors. Si cette surface est concave, ilsdivergent.
Quand les rayons lumineux, tombant surune surface convexe, convergent, ils se ré-unissent à un point que l’on appelle foyeret qui est le point où se forme l’image ducorps d’ou ces rayons partent ; mais lesrayons marginaux éprouvant une déviationplus forte que celle des rayons plus voisinsdu centre de la surface convexe, il en résulteun cercle de diffusion autour de l’image;c’est là l’aberration de sphéricité. Pour lafaire disparaître, on conçoit qu’il faut an-nuler ces rayons marginaux ; c’est à quoil’on arrive par l’interposition d’un dia-phragme entre la lentille réfringente et lefoyer.
Enfin la distance de l’objet vu à traversune lentille a de l’influence sur le pointoù se forme le foyer ; plus cet objet estéloigné , plus le foyer tend à se rapprocherde la lentille; plus il est rapproché, plus cefoyer s’éloigne.
De la vision. Le phénomène de la visionla plus simple et la plus incomplète est ce-lui qui se présente chez les Vers et autresanimaux inférieurs; là les points oculairessont tellement imparfaits, que l’image desobjets ne saurait se former; tous les rayons
lumineux partis d’un objet se confondentpar suite de leur diffusion, et il est probableque ces animaux n’ont qu’une sensation gé-nérale de la lumière qui leur permet toutau plus de distinguer le jour de la nuit;pour eux tous les objets extérieurs sontcomme des ombres vagues.
Nous trouvons , dans les animaux supé-rieurs à ceux-là, deux procédés pour arriverà la formation de l’image des objets dansl’OEil : l’un est pour ainsi dire rudimentaire,c’est celui que nous présentent les yeuxcomposés des Insectes et des Crustacés ;l’autre est complet et parfait, c’est celui desyeux à lentilles dont les Mammifères, etl’Homme en particulier, nous offrent le mo-dèle.
C’est à J. Muller que nous devons l’in-génieuse et satisfaisante théorie du méca-nisme de la vision au moyen des yeux com-posés, mécanisme qui diffère totalement decelui des yeux à lentille. Voici en quoi ilconsiste.
Les rayons lumineux partis de l’objet ar-rivent sur la cornée taillée en nombreusesfacettes. Le rayon central de chaque fa-cette la traverse; il arrive au cône transpa-rent qui est derrière, et pénètre ainsi jusqu’àl’expansion nerveuse qui aboutit à ce cône.Quant aux autres rayons qui sont tombésobliquement sur cette facette, ils sont ab-sorbés par le pigmentum que présente, surses côtés, le cône translucide. Ce point lu-mineux central qui a pu arriver jusqu’aunerf, provoque la sensation de la vue d’uneparcelle de l’objet. Maintenant, autant depoints lumineux partis de l’objet se sontrencontrés avec l’axe central de chaque cônetranslucide, autant de parcelles de l’objetsont vues. De cette manière, dit Muller,chaque cône représente une partie aliquotede l’image, et l’image se compose, à l’instard’une mosaïque, d’autant de parcelles qu’ily a de cônes, en sorte que sa netteté doitêtre en raison du nombre de ces derniers.Si l’OEil possède 50 facettes et 50 cônes lu-mineux, comme celui de la Fourmi, l’ani-mal voit 50 parcelles de l’objet ; si l’OEil à25,000 facettes , comme celui de la Mor-délia, l’objet est vu dans 25,000 de ses par-ties. Si l’OEil est convexe, il présente unplus grand nombre de facettes perpendicu-lairement aux rayons lumineux ; l’Insecte