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VAU
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suite d’idées superstitieuses, ou par recon-naissance, que les anciens Égyptiens, se-lon le même auteur, avaient consacré lesVautours à Junon , et ornaient de leursplumes la tête d’Isis.
Cet instinct qui porte les Vautours à selivrer à la recherche des cadavres , des cha-rognes pour s’en repaître , a donné lieu àdes préjugés , à des erreurs qui sont d’au-tant plus enracinés et difficiles à détruirequ’ils datent des temps les plus reculés.Depuis Pline , qui, du reste, ne faisait qu’en-registrer une opinion déjà répandue de sontemps, et qu’il retrouvait dans les livresgrecs , on n’a cessé de répéter que ces Oi-seaux avaient un odorat très étendu et trèssubtil ; et l’un des faits les plus ancienne-ment connus que l’on ait invoqué pour sou-tenir cette opinion , est celui qui est relatifà l’apparition d’une troupe de Vautours dansles plaines de Pharsale , le lendemain de labataille qui y fut livrée. On cite encore unpassage de AngePolitien où il est questiond’un commentateur d’Aristote , qui assureque les Grecs ayant livré un combat, unebande de Vautours attamés arriva de plusde 100 lieues pour dévorer les cadavres.Mais l’assertion de Pline , exprimée par cesmots : Valeant olfactu Vultures , ne sau-rait être considérée comme preuve de l’ex-cellence de l’odorat des Vautours, et lefait de leur présence sur des champs de ba-taille peut s’expliquer par l’habitude ins-tinctive qu’ont ces Rapaces d’arriver sur lespoints où se trouvent réunies de grandesmasses d’hommes ou d’animaux ; de suivreles armées, les caravanes au milieu des dé-serts, et de fréquenter particulièrement leslieux où l’éducation des Chevaux , des Bre-bis et des races bovines se fait sur unegrande échelle. C’est, du reste, ce qu’avaientaussi observé les anciens. Or, cet autre faitse concilie peu avec l’opinion qu’ils s’étaientfaite de l’étendue de l’odorat chez les Oi-seaux dont il est question. Pline , qui avaitsuivi les légions romaines, dit positivement :« Triduo antea volare eos, ubi cadavera fu -tura sunt, » ce qui fait supposer qu’il avaitvu des Vautours accompagner les armées.Élien s’exprime à peu près de même; etHorus , dans son livre des Hiéroglyphes , ditque, d’après les Egyptiens , ce n’est pointseulement trois jours, mais sept jours avant,
que les Vautours désignent, par leur pré-sence, l’imminence d’un combat.
L’un des savants les plus illustres denotre époque, M. de Humboldt, en adoptantl’opinion des anciens sur la subtilité du sensolfactif des Vautours , a voulu l’appuyerd’un fait auquel les personnes qui parta-gent cette opinion attachent une grandeimportance, mais qui, selon nous, est loind’être concluant. Ainsi M. de Humboldtraconte que les Créoles de Quito et de Po-payan , pour prendre vivants, au lac, lesCondors , Oiseaux qu’ils chassent avec ar-deur et plaisir, tuent une Vache ou unCheval dont le cadavre est déposé dans unlieu choisi pour cela , et que ces Oiseaux ,bientôt alléchés par l'odeur qui s’en eochale ,se jettent dessus avec une voracité éton-nante. Mais, nous le demandons, est-il pos-sible qu’une Vache ou un Cheval puisseatteindre en aussi peu de temps, que semblele dire M. de Humboldt lui-même, à ce de-gré de putréfaction nécessaire pour qu’il yait exhalation de molécules odorantes. Aurapport de l’illustre voyageur, il sembleraitque les Condors se jettent presque immé-diatement sur le cadavre de l’animal qu’onvient de leur sacrifier, et il doit en êtreainsi. Placés en sentinelle sur le haut desAndes , ils doivent découvrir facilement, etpresque instantanément, la proie qu’onleur abandonne.
Sans nier complètement le sens de l’ol-faction chez les Vautours , nous croyons ce-pendant que ce sens a bien moins d’étenduequ’on ne l’a supposé , et que ces Oiseauxsont guidés , dans la recherche de leur pâ-ture, moins par l’odorat que par la vue.C’est ce qu’avait pensé Buffon, et c’est ceque les observations de Levaillant et d’Au-dubon tendent à démontrer. Levaillant nousapprend, dans son voyage en Afrique , qu’ilne pouvait conserver un Mammifère qu’ilvenait d’abattre, et qu’il ne pouvait fairetransporter de suite à son camp, qu’à lacondition de le recouvrir entièrement debranchages. Toutes les fois qu’il négligeaitcette précaution, il était assuré de retrou-ver, quelques heures après, l’animal abattuentièrement dévoré par des Vautours.Quant à Audubon , les nombreuses obser-vations qu’il a faites dans le but de ré-soudre la question, l’ont conduit à admettre