Band 
Tome treizième.
Seite
64
JPEG-Download
 

64

VÉG

VEG

miner des relations certaines et constantesentre ces caractères et ceux qui ont été con-servés dans les fossiles.

M. Unger a suivi en partie , dans sonSynopsis , cette réforme de M. Gœppert ;mais on doit, je crois, cependant encoresimplifier cette classification et ne considé-rer que comme des sections de genre lesgroupes dont les caractères ne peuvent pass’exprimer avec précision.

Ainsi le genre Gleichenites , établi autre-fois par Gœppert et encore admis par Unger,n’a pas la moindre ressemblance avec lesGleichenia du monde actuel ; la bifurcationde leur fronde est probablement accidentellecomme dans beaucoup de Fougères de tousles genres > et elle serait constante , que ceserait à peine un caractère spécifique, quandnous voyons les conditions qui la détermi-nent souvent actuellement.

J’en dirai autant du genre Polypodites quiréunit les espèces les plus hétéromorphes etdont quelques unes seulement ressemblentà une des divisions de l’ancien genre Poly-podium.

Les Adiantites , Cheilanthites , Asplenites ,Aspidiles , ont été abandonnés avec raisonpar M. Unger ; car si quelques espèces dechacun de ces genres offrent une analogieassez inarquée avec des espèces des genresvivants des mêmes noms , elles en ont depresque aussi intimes avec d’autres, et ilserait impossible de définir ces genres autre-ment que par ces mots : Fougères ressemblantpar leur aspect général aux Adiantum , As-plénium , etc.

Je suis donc persuadé qu’il faut se bornerà établir, dans les Fougères fossiles, des gen-res fondés sur l’étude attentive de la nerva-tion, et de ses rapports avec les formes despinnules et des frondes, en ne faisant inter-venir les caractères de fructification qu’ensecond ordre jusqu’à ce qu’on soit parvenuà les observer dans la grande majorité desespèces, et en excluant ces caractères vaguesde ressemblance que je ne voudrais admet-tre que dans quelques cas où l’analogie esttrès prononcée et évidente pour tous lesbotanistes , et où elle peut en outre se défi-nir par quelques caractères souvent légers,mais précis et constants.

On doit aussi faire grande attention danscette famille à la manière dont les caractères

mêmes de nervation se modifient dans lesdiverses parties d’une même fronde , et jesuis persuadé que c’est en négligeant desuivre ces différences de la base au sommetd’une fronde ou d’une de ses pennes, qu’ona quelquefois, à tort, mis dans deux genresdes plantes d’une même espèce. Je pourraisen citer des exemples, surtout pour les Pe-copteris et Alethopteris , que la plupart desauteurs modernes séparent peut-être avecraison , mais dont on ne doit prendre lescaractères distinctifs que dans les pinnulescomplètement développées , et non danscelles qui approchent de l’extrémité despennes.

Ce que je viens de dire pour les genress’applique à plus forte raison aux ordres,analogues des familles ou des tribus, qu’ona prétendu introduire dans les Fougères fossiles.

Ainsi la classe naturelle des Fougères ouFilicinées, ancienne famille des Fougères ,qui , pour la plupart des botanistes, com-prend les familles, ordres ou tribus desOphioglossées, Marattiées , Schizeacées , Os -mundées , Gleicheniées , Cératoptéridées t Hy -ménophyllées , Cyalheacées et Polypodiacées ,fondées sur la structure des capsules, est di-visée, parmi les fossiles, par M. Unger, enDanaeacées ou Marattiacées , Gleicheniacées ,Neuroptéridées , Sphénopléridées et Pécoplé-ridées.

C’est-à dire que les deux premières fa-milles, supposées les analogues des famillesdu même nom parmi les Fougères vivantes,sont fondées sur des caractères de fructifi-cation, et les trois dernières, qui ne corres-pondent à aucune des divisions actuelles dece groupe , sont basées sur les caractèresassez vagues de la nervation.

J’ajouterai qu’il est très douteux que laplupart des plantes placées parmi les Da-naeacées et les Gleicheniacées appartien-nent réellement à ces familles et non pasà d’autres familles de Fougères , et que lesfamilles des H y ménophyllées et des Cyathea-cées , qui ont certainement des représen-tants dans le monde ancien , n’y sont passéparées des Fougères ordinaires qui consti-tuent la masse des trois dernières divisions.

Je pense donc que dans l’état actuel dola science , on ne doit faire des Fougèresfossiles qu’une seule famille naturelle cor-