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Tome treizième.
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DEUXIÈME PARTIE.

EXPOSITION CHRONOLOGIQUE DES PÉRIODES

DE VÉGÉTATION ET DES FLORES DIVERSES

QUI SE SONT SUCCÉDÉ A LA SURFACE

DE LA TERRE .

Si, après avoir étudié les Végétaux fos-siles sous le point de vue de leur organisa-tion, de manière à déterminer leurs rapportsavec les Végétaux actuellement existants,sans nous préoccuper de la position géo-logique qu’ils occupent, nous comparonsentre elles les diverses formes qui ont habitéla surface de la terre aux diverses époquesde sa formation, nous verrons que degrandes différences se font remarquer dansla nature des Végétaux qui s’y sont succes-sivement développés et qui remplaçaientceux dont les révolutions du globe et leschangements dans l’état physique de sa sur-face amenaient la destruction.

Ces différences ne sont pas seulementdes différences spécifiques, des modificationslégères des mêmes types , ce sont le plussouvent des différences profondes, tellesque des genres ou des familles nouvellesviennent remplacer des genres et des fa-milles détruites et complètement distinctes ;ou bien, qu’une famille nombreuse et va-riée se réduit à quelques espèces, tandisqu’une autre, qui était à peine signalée parquelques individus rares, devient tout àcoup nombreuse et prédominante.

C’est ce qu’on remarque le plus habituel-lement, en passant d’une formation géolo-gique à une autre; mais en considérantces transformations dans leur ensemble, unrésultat plus général et plus important seprésente d’une manière incontestable : c’estla prédominance dans les temps les plusanciens des Végétaux cryptogames acro-gènes (Fougères et Lycopodiacées ) ; plustard, la prédominance des Dicotylédonesgymnospermes (Cycadées et Conifères) sansmélange encore d’aucune Dicotylédone an-giosperme ; enfin, en dernier lieu, pendantla formation crétacée, l’apparition et bien-tôt la prédominance des Végétaux angio-spermes, tant dicotylédons que monocoty-lédons. Ces différences si remarquables dansla composition de la végétation de la terre,que j’ai déjà signalées il y a longtemps, et

que toutes les observations récentes, bienappréciées, me paraissent confirmer, mon-trent qu’on peut diviser la longue série desiècles qui a présidé à cet enfantementsuccessif des diverses formes du règne vé-gétal , en trois longues périodes que j’ap-pellerai : le règne des Acrogènes , le règnedes Gymnospermes et le règne des Angio-spermes.

Ces expressions n’indiquent que la pré-dominance successive de chacune de cestrois grandes divisions du règne végétal, etnon l’exclusion complète des autres. Ainsi,dans les deux premières, les Acrogènes etles Gymnospermes existent simultanément,seulement les premières l’emportent d’abordsur les secondes en nombre et en grandeur,tandis que l’inverse a lieu plus tard.

Mais pendant ces deux règnes les Végé-taux angiospermes me paraissent au con-traire, ou manquer complètement, ou nes’annoncer que par quelques indices rares,douteux et très différents de leurs formes ac-tuelles, signalant, du reste, plutôt la pré-sence de quelques Monocotylédones quecelle des Dicotylédones angiospermes.

Chacun de ces trois règnes ainsi carac-térisés par la prédominance d’un des grandsembranchements du règne végétal se sub-divise le plus habituellement en plusieurspériodes, pendant lesquelles des formes trèsanalogues, appartenant aux mêmes familleset souvent aux mêmes genres, se perpé-tuaient; puis ces périodes elles-mêmes com-prennent plusieurs époques durant lesquel-les la végétation ne paraît pas avoir subide changements notables. Mais souvent lesmatériaux manquent encore pour établiravec précision ces dernières subdivisions,soit parce que la position géologique exactedes couches qui renferment des empreintesvégétales n’est pas bien déterminée, soitparce qu’on n’a pas établi avec soin le modede répartition des espèces végétales dansles diverses couches d’un même terrain-Aussi je ne doute pas que ces époques diffe'rentes, durant lesquelles la végétation aconservé ses caractères d’une manière in-variable, se multiplieront beaucoup pl uSque nous ne pouvons le faire dans \'étà*actuel de nos connaissances, lorsque desmatériaux recueillis avec soin auront eréunis en grand nombre