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DES GLACIERS.
d’une quantité en rapport avec la durée du temps écoulé, la tempé-rature, la quantité d’eau tombée à la surface du glacier réservoir,et même avec l’inclinaison du couloir. Sur le glacier des Bois, cemouvement a ôté de 78",60 dans une année. En 1818, le mouve-ment s’est trouvé de 143™,50, et en 1817 il avait été à peu près de0 m ,32 par jour. On sait qu’Ebel avait attribué aux glaciers un mou-vement de 5 à 8 mètres seulement. M. Rendu a reconnu en outre(p. 63 ) qu’au milieu du glacier le mouvement est plus rapide quesur les bords, où il est retardé par le frottement de la glace contreles rochers qui constituent les parois de la vallée. Les crevassestransversales et verticales forment, non pas des lignes droites, maisdes courbes dont la convexité est tournée vers le bas de la vallée,ce qui prouve encore que le mouvement est plus rapide vers lecentre que sur les côtés. Cette observation extrêmement remar-quable de M. l’évêque d’Annecy , et que nous ne sachions pas quepersonne ait faite avant lui, est la seule sur laquelle on soit au-jourd’hui d’accord, et elle'doit servir de base à toutes les recherchesque l’on entreprendra sur la cause ou l’origine du mouvement lui-même.
Les glaciers, dit M. Agassiz (1), se meuvent continuellementdans le sens de leur pente. Depuis de Saussure, on attribuait cemouvement à un glissement en vertu de la pesanteur propre duglacier; mais il serait plutôt dû h la dilatation de la glace, résul-tant de la congélation de l’eau qui s’y infiltre, par suite de sastructure celluleuse et bréchiforme. L’eau des pluies, ou celle quiprovient de la fonte de la partie superficielle, remplit les pores decette masse spongieuse et fissurée en tous sens, s’y congèle par lemoindre abaissement de température, et tend à dilater le glacier.
Celui-ci étant contenu latéralement par les flancs de la vallée, et
en haut par le poids de la masse supérieure, l’effet de la dilatations’exerce alors dans le sens de la pente et se trouve aidé par la gra-vitation. Plus les alternatives de congélation et de dégel, ou les va-riations de température au-dessus et au-dessous de zéro, sont fre-quentes, plus la marche du glacier est rapide; aussi l’hiver, saisonpendant laquelle la masse reste congelée, est-il le temps du repos.La marche du glacier n’est pas uniforme dans toutes ses parues,composées d’une série de couches qui diminuent d’épaisseur de
(4) Bail., vol. IX , p. 443. — Réunion extraordinaire de Porrentruy. \ 838,