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HABITAT
remplacés ou représentés par des genres correspondants ; loi qui estd’ailleurs commune aux animaux et aux végétaux. Les genres ne 'sont pas distribués irrégulièrement dans les diverses zones, mais,dans quelques unes d’entre elles, les espèces se trouvent en plusgrand nombre , et leur proportion diminue ensuite, soit que l'ons’élève au-dessus, soit que l’on s’abaisse au-dessous de cette zone.
M. Forbes a recueilli vivantes quelques coquilles qui n’étaientencore connues qu’à l’état fossile. Toutes étaient des formes ter-tiaires , et les espèces toujours parmi les plus rares à l’état fossile,mais très communes aujourd’hui, ou bien au contraire très abon-dantes à l’état fossile et très rares de nos jours.
Pour appliquer ces divers résultats à la petite île de Neo-Kaï-meni, qui apparut en 1707 dans le golfe de Santorin (p. 178),l’auteur a examiné les fossiles renfermés dans une couche de pu-mite qui aurait formé le fond de la mer avant le soulèvement, etces fossiles l’ont conduit à admettre d’abord qu’il n’y avait quedeux régions en profondeur, la 4 e et la 5% où l’on pût trouver unepareille association ; puis il est arrivé à constater qu’en effet ce fondappartenait à la 4* région , c’est-à-dire qu’il se trouvait entre 86et 64 mètres au-dessous de la surface de l’eau , et la quantité dusoulèvement a été par cela même déterminée.
Aujourd’hui le fond de la mer Égée pourrait, à partir du zéro dela vie animale, présenter une masse de dépôts homogènes assezsemblables à la craie et dépourvus de débris organiques sur uneépaisseur de 1,000 mètres et davantage. La zone la plus inférieure,qui a 228 mètres de hauteur, a partout pour fond un banc jau-nâtre , occupé dans toute son étendue par les mêmes animauxet constituant une roche dont les caractères sont ceux de la craie;elle renferme aussi des espèces particulières et une très grandequantité de foraminifères.
Plus tard, M. Ed. Forbes (1) a reconnu encore que les coquillesde formes arctiques vivaient actuellement aux plus grandes profon-deurs dans les mers d’Écosse , et qu’elles étaient parfaitement dis-tinctes de celles qui vivent dans les mers britanniques du nord,mais à de moindres profondeurs.
En examinant le fond de la mer, sur les côtes de la Norvvege,
M. Lôven (2) est à peu près arrivé aux mêmes conclusions que
T) The Athenœum , 1846, n° 988.
2) On the hnthymetrical distribution , etc. Sur la distribution.