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cette île. Aussi l’auteur pense que l’Islande , connue M. deHum-holdt l’a supposé pour le Cliimborazo , reposait sur une im-mense cavité, et que, de môme qu’en 1698 s’engloutirent lesdômes trachytiques du Capac-Urcu et du Carguairazo , et plus ré-cemment un volcan de Java, l’Islande , surchargée de masses basal-tiques et Iaviques, se sera en partie affaissée vers son centre. Decelte manière s’expliqueraient la faible inclinaison des couchesactuelles vers ce même centre, et la disposition des côtes, qui la fontressembler à une île fortiliée tout autour par des murailles gigan-tesques et crénelées, tandis que, dans l’état ordinaire des choses ,toutes ces coulées basaltiques eussent été inclinées vers les côtes.
Si nous nous rappelons actuellement les grands traits orographi-ques et géologiquesque M. Krug de iNidda nous a montrés en Islande ,nous les trouverons, à une seule exception près, en opposition avec,ces conclusions de M. E. Robert. Cette exception est l’inclinaisongénérale des nappes basaltiques vers le centre de l’île (1), queM. E. Robert invoque à tort, suivant nous , contre l’opinion deson prédécesseur ; car, ainsi que nous l’avons dit, l’inclinaison descouches vers l’axe ou vers le centre du soulèvement est un faitassez commun et qui même à priori prouverait en faveur de l’asser-tion de M. de Nidda.
Sans nous arrêter au désaccord qui existe entre ces deux géolo-gues sur quelques faits peu importants, comment supposer qu’uncaractère aussi frappant que celui d’une dépression du sol traversanttoute l’Islande du N.-E. au S.-O., précisément sur le prolongementde l’île volcanique de Jean Mayen, et bordée par deux bourreletsde trachyte , dont l’apparition aurait donné lieu à la vallée et sou-levé les nappes trappéennes anciennes, tout en leur imprimant unmouvement de bascule ; comment supposer, disons-nous, qu’unedisposition aussi simple, dont l’existence a reçu la haute sanctionde M, le baron de Buch , le savant le plus capable d’apprécier unpareil phénomène, ait pu échapper complètement aux explorationsqu a faites M. E. Robert, non seulement sur presque tout le litlo-ra b mais encore dans plusieurs directions à travers l’île? On doitregretter que ce dernier n’ait pas pris connaissance, avant sonT °yage, des résultats obtenus par son prédécesseur, car il se fût,
(1) M. Descloizeaux a trouvé que dans les fiords profonds de lapartie orientale de l’île , là où les escarpements sont coupés perpen-, clairement à la direction , cette inclinaison se maintenait entre' et to degrés.
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