LAINES.
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guets, ou pour d’autres étoffes grossières; dans ce cas, on travaillela laine avec la partie de suint qu’elle contient encore. La présencede ce corps gras fait économiser d’autant l’huile, qu’on est obligéd’y mettre lors des premières opérations mécaniques, pour faci-liter toutes celles que la filature embrasse. Pour les laines des-tinées à de beaux produits, il serait impossible de laisser le suint,dont la présence rendrait le blanchiment ou l’application de lateinture très-difficile si non impossible. Quoique le désuintagesoit une opération exécutée par le teinturier, nous croyons devoiren dire quelques mots, tant parce que les laines qui doiventrester blanches, ont besoin de recevoir cette préparation aussibien que les laines teintes, que parce qu’elle nécessite égale-ment des manipulations mécaniques, qu’il est convenable dedécrire succinctement pour ne pas laisser de lacune dans notretravail.
Cette opération du désuintage a fixé depuis longtemps l’atten-tion des chimistes les plus distingués, entre autres de Vauquelin,de Roard, dePuymaurin. M. Chevreul surtout a publié récem-ment encore des recherches du plus haut intérêt sur ce sujet.
Il résulte de l’ensemble de ces travaux les enseignementssuivants : «
1° Le désuintage complet ne peut se faire qu’à chaud, dansdes dissolutions alcalines, le suint renfermant une matière quin’est soluble qu’à 60° ;
2° Le suint lui-même étant une espèce de savon animal, peut,une fois en dissolution , servir au désuintage et faire économiserune partie des alcalis qu’on ajouterait sans sa présence;
3° La laine étant une matière attaquable par une températuretrop élevée, et par les alcalis trop énergiques , il faut combinerl’opération de manière à ce que la durée ne soit pas trop longue,ni la température trop élevée, ni l’alcali trop actif;
4° Pour débarrasser la laine complètement de la matière étran-gère, et l’obtenir au degré de blancheur désirable, l’opération doits’exécuter promptement et en une fois, afin de ne pas laisser letemps à la matière qui masque la blancheur de la laine, des’oxygéner davantage et de devenir insoluble, de soluble qu’elleétait d’abord dans son état naturel ;