174 PRÉPARATIONS DU PREMIER DEGRÉ.
5° Enfin, les opérations usuelles les plus parfaites ne débarras-sent pas complètement la laine de la matière étrangère, elle enrenferme encore généralement 3 pour 100, et contient du soufreà l'état latent, qui peut devenir sensible et se combiner avec lesmétaux, surtout avec le cuivre sous l’influence de la vapeur, etproduire une couleur jaune orangé brun, et par conséquent al-térer les nuances délicates.
Il serait donc important, pour le praticien, de connaître cessavantes recherches de M. Chevreul, et d’éviter de faire les désuin-tages dans les chaudières en cuivre, ainsi que cela se pratique ;ce qui a pu causer une partie des accidents dont nous avonsnous-mêmes été témoins.
Le désuintage s’opère ordinairement de la manière suivante :
Une chaudière en cuivre ayant un mètre de profondeur surl m ,40 de diamètre à sa surface, qui est un peu plus grande quecelle du fond, et moindre que celle du milieu. Cette chaudièrepeut contenir un demi-hectolitre; on la remplit aux trois quartsd’eau et on y ajoute de 50 à 60 litres d’urine ammoniacale,dans lesquels on met 5 à 6 kilog. de sous-carbonate de soude, etquelquefois qn lait de calcaire argileux; on élève la températuredu bain de 60 à 75°, on y plonge alors 5 à 6 kilog. de laine ou-verte à la main que l’on agite avec un petit crochet pour la fairebien imprégner de liquide. L’opération doit être complètementterminée, et la laine désuintée en quinze ou vingt minutes.
Pour réussir plus régulièrement, on prépare quelquefois lebain alcalin dans un baquet à part, servant à alimenter la chau-dière contenant la laine en suin ; on parvient ainsi à maintenirplus facilement une température uniforme, et d’un degré d’alca-linité convenable.
Les proportions que nous venons d’indiquer varient nécessai-rement avec la nature des laines à désuinter, la quantité de suintqu’elles renferment, et leur séjour dans les balles (1).
Pour pouvoir se servir du suint lui-même comme de dégrais, il
' (1) Tous les praticiens savent que la laine se désuinte beaucoup mieux aprèsquelques mois qu’aussitôt la tonte opérée; cela tient, disent-ils, à ce que la-laine a besoin de jeter son feu. D’après la chimie, cela doit tenir à une ab-sorption d’oxygène de la part du suint qui le transforme en un corps plus soluble.