314
PRÉPARATIONS DU SECOND DEGRÉ.
tillons d’étoffes tissées avec cette même soie, et à cet égard, l’ho-norable M. Chevreul ,qui a eu sous les yeux les échantillons dontnous parlons, nous permettra d’invoquer son important témoi-gnage.
Quant à l’affirmation faite qu’une fileuse peut à peine pro-duire 230 grammes de soie par jour, elle est complètementinexacte. On trouve dans les procès-verbaux régulièrement dres-sés à Milan , où la nouvelle machine commence à se propager, surle rendement de toute une campagne, qu’une fileuse ordinaire aproduit moyennement 382 grammes en fd de 4 à 5 cocons.
De nombreux procès-verbaux que nous avons sous les yeux,délivrés par les premiers industriels en soie d’Italie , attestentque les nouvelles machines ont travaillé pendant trois mois del’arrière-saison, par conséquent sur des cocons secs, et que lerésultat n’a rien laissé à désirer. Le rendement en soie au tiragea été supérieur, et le déchet au décreusage inférieur à ceux queprésente la soie traitée par la méthode ordinaire.
Voici d’ailleurs un extrait de ces procès-verbaux qui a été pu-blié par les journaux de Milan , et signé par MM. Delachi, fila-teurs etmouliniers :
«.Nous pouvons donc conclure que malgré le produit peu
commun que nous avons annoncé avoir fait dans notre fdature àNerviana, par la méthode ordinaire, nous avons trouvé avec lesystème Locatelli, un avantage de 6 pour 100 en soie produite.Si en outre on considère la perte insignifiante en frison et la diffé-rence très-légère dans les frais de filature, un tel résultat est cer-tainement digne déconsidération (1). »
Les défectuosités que doit présenter la soie provenant du nou-veau tour, sont une pure hypothèse; il est facile de s’en con-vaincre en le voyant travailler et en examinant les produits qu'onen retire. Nous ne pensons pas qu’il soit possible de voir une soieplus ronde, plus nette et plus brillante, et cela se conçoit : laplupart des inégalités et défectuosités viennent ordinairementd’une jonction des brins mal faite et des mariages. Or, parle
(1) Nous ne donnons ici que les conclusions d’un long compte rendu inséréle 15 avril 184G dans un numéro du journal Eco délia Borsa.