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MOULINAGE DE LA SOIE.

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boucle immobile , s’y dévide toujours au même endroit et formeun écheveau en talus fort étroit et fort épais, parce que les filsde soie montant toujours l’un sur l’autre, font des tours qui aug-mentent continuellement de grandeur, au point que les derniersont dix-huit ou ving-quatre lignes en plus que les premiers. Or,quand ces écheveaux se trouvent entre les deux chevilles du tein-turier ou du lustrage, il faut que la soie des plus petits tours s’é-corche ou se casse pour que l’action de la cheville arrive jusqu’auxplus grands; cela occasionne un déchet très-considérable dans ledévidage de ces soies, beaucoup de perte de temps à l’ouvrier,parce qu’il en emploie presque toujours autant à rechanger cesfils cassés ou écorchés qu’à fabriquer l'étoffe, ce qui l’engage sou-vent à savonner ou à droguer sa soie pour la faire couler plusaisément, et cause enfin beaucoup de perte au fabricant, qui,après avoir supporté ces premiers déchets , se trouve avoir uneétoffe beaucoup moins bonne et beaucoup moins belle.

» Le second inconvénient qui résulte de la méthode ci-dessus , est que la grosseur de tous les écheveaux n’est jamais lamême, puisqu’elle dépend toujours du plus ou moins d’attentiond’un ouvrier. Ces écheveaux devraient tous être petits et bienégaux , mais comme le moulin va ordinairement jour et nuit, ilarrive que ceux qui se font pendant la nuit sont le double plusgros que ceux qui se sont faits pendant le jour, ce qui dépend del’heure à laquelle on a copié le soir.

» Le troisième inconvénient vient de ce que l’écheveau se fai-sant toujours à la même place sur le guindre pour faire place àun autre écheveau, quand le temps est humide ou pluvieux, leslames en bois du guindre se trouvent considérablement enflées,et on a toutes les peines du monde à faire glisser l’écheveau, etce n’est ordinairement qu’aux dépens de quantité de fils cassés ouécorchés qu’on en vient à bout.

» Ces inconvénients ont été prévus et ont été tous évités dansle nouveau moulin pour le dernier apprêt; les révolutions des fu-seaux y sont toutes aussi régulières et aussi constantes que dansle moulin du premier apprêt, puisquele mécanisme est absolumentle même à cet égard; la soie y monte en écheveaux sur desguindres, mais tous les fils y sont conduits par des boucles ou