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MOULIN AG K DE LA SOIE.

guides attachés sur des tringles qui ont un petit mouvementd’allée et venue, et qui promènent insensiblement chaque fil desoie sur le guindre et lui font former un écheveau de dix lignesde large sur un quart de ligne d’épaisseur.

» Quand les guindres ont fait deux mille quatre cents révolu-tions, et que chaque écheveau sè trouve avoir deux mille quatrecents tours, une détente, alors, sans qu’on toucheau moulin, faitsubitement reculer les tringles où sont attachés les guindres, cequi fait changer de place à tous les fils de soie qui viennent formerun nouvel écheveau à côté du premier; après deux mille quatrecents autres révolutions , la détente part de nouveau et tous lesfils de soie se trouvent encore dans une nouvelle place pour formerun troisième écheveau , ce qui se répète constamment jusqu’à ceque tous les guindres se trouvent couverts d’écheveaux ; inconti-nent après le dernier tour du dernier écheveau, le moulin s’arrêtede lui-même et avertit l’ouvrier, par une sonnette, de lever lesguindres qui sont pleins et d’en remettre de vides. On sent aisémentque moyennant cette nouvelle manière, les écheveaux faits sur cesmoulins sont tous de la même grosseur, puisqu’ils ont tous exac-tement deux mille quatre cents tours , que les premiers et lesderniers tours de chaque écheveau sont à très peu de chose prèsde la même longueur, puisque tous les écheveaux n’ont qu’unquart de ligne d’épaisseur, qu’il n’est plus besoin de faire glisserchaque écheveau sur le guindre pour faire place au suivant,puisque sans toucher au moulin , les fils de soie changent eux-mêmes de place , et viennent former des écheveaux les uns à côtédes autres , jusqu’à ce que les guindres soient entièrement cou-verts. Il est bien vrai qu’on est obligé de changer plus souvent deguindres, parce que la largeur des écheveaux et la petite dis-tance qui les sépare ne permettent pas qu’il y en entre autant quepar la manière ordinaire, mais le temps que l’on emploie àchanger plus souvent de guindres se trouve bien regagné parcelui qu’on emploie ordinairement aux copieuses ; ils ne se fontpoint ici sur le moulin , on a bien plus de facilité lorsque leguindre a été ôté, on le fait beaucoup mieux, et on y perd moinsde soie. On trouve d’ailleurs un avantage bien considérable sur lamain d’œuvre, puisqu’une femme peut fort à son aise servir