Band 
[Texte.]
Seite
424
JPEG-Download
 

AmiÊTS DES l'ILS.

m

cardée sont ceux chez lesquels il est le plus prononcé. Dansceux de coton et de laine peignée, il y en a moins, mais ils enprésentent davantage que ceux du lin. La soie est la matièrequi en offre le moins, quoiqu’il soit cependant encore très-sensible à la surface. Ce duvet va en général en diminuant avecla finesse des fibres ; lorsqu’il doit entièrement disparaître, commecela est nécessaire pour certains fils à coudre, pour les beaux filsen laine d’Allemagne.retordus, servant aux tapisseries, et sur-tout pour ceux destinés à la fabrication des tulles, il devientindispensable de les en débarrasser par un grillage en les faisantpasser rapidement dans une flamme de gaz. Cet apprêt peut s’ap-pliquer avec efficacité à tous, excepté à ceux de la soie pourlesquels il serait inutile et dangereux. Les causes de la pré-sence de ce duvet peuvent s’expliquer par le redressement de laquantité -innombrable de fibrilles dont les fils sont formés. Cespetits filaments, au lieu de se diriger parallèlement à l’axe desfils, lui sont redressés perpendiculairement par la force cen-trifuge employée à la torsion. Malgré tous les soins qu’on a ap-portés et les tentatives qu’on a faites jusqu’ici, on n’a pu éviterl’inconvénient du duvet. Si l’intérieur en présente plus que lasurface, c'est parce que cette partie a été moins aplatie par leslaminages. Nous devons dire cependant que cette différenceentre la surface et l’intérieur est bien plus sensible lors despréparations qu’après le filage, et après ce dernier il est plusapparent pour les fils produits au Mull-Jenny qu’aux métierscontinus : si, pendant les préparations, on divise un ruban, lesparties intérieures seront en effet moins aplaties que celles de lasurface ; mais bientôt, lors du filage, la force centrifuge desbroches, tendant à chasser les fibrilles du centre vers la cir-conférence, le résultat du laminage tend à disparaître. On com-prend que la laine cardée doit fournir les fils les plus duveteux,puisqu’on ne lui fait subir aucune préparation du second degré,afin de ménager ce duvet qui facilite le feutrage; aussi nesont-ils jamais soumis au grillage. La quantité moindre de duvetque présentent les fils fins, quoiqu’ils contiennent plus de fibrillessous un moindre volume, s’explique par l’emploi du colon à fila-ments longs et par les nombreuses préparations que ces fils re-