OPÉRATIONS PRÉLIMINAIRES. 501
de la côte, primitivement rectiligne, a subie par l’effet de lamoire.
» Nous faisons deux divisions d’étoffes moirées : la premièrecomprend les étoffes monochromes moirées , et la deuxième, lesétoffes glacées moirées, parce que l’apprêt de la moire peut êtredonné aux étoffes monochromes et aux étoffes glacées. Mais est-ilpareillement avantageux, dans les deux cas, aux étoffes qui lereçoivent? Cette question, traitée en détail dans l’ouvrage, m’aréduit aux considérations et aux conclusions dont je vais pré-senter un résumé.
» 11 y a cette grande différence entre une étoffe moirée mono-chromeet une étoffe glacéenon moirée, que la première paraît avecplus d’avantage, lorsqu’elle offre à l’œil de larges surfaces planes àdessins d’une grande simplicité, douée d’une apparente mobilitéet d’une variation d’aspect qui ne les dénature jamais, tandisqu’une étoffe glacée, non moirée , doit être plissée , comme ellel’est dans les vêtements , pour présenter les effets qui la font re-chercher, car alors elle présente des couleurs variables avec lespositions où le spectateur les observe, et douées, sous ce rap-port , de la mobilité apparente de la moire, mais sans revêtir laforme des dessins ondulés qui font le caractère essentiel de celle-ci. Si le plissement d’une étoffe moirée ne nuit pas absolumentau bel effet qu’il est de son essence de produire, cependant ondoit reconnaître qu’elle n’apparaît jamais avec tant d’avantagequ’à l’état de tapisserie de luxe, tendue uniment, ou bien en-core comme garde de livre dans les reliures les plus recherchées.
» En définitive, on voit donc que l’usage le plus spécial pos-sible des tissus moirés et des tissus glacés, est d’accord avec lesconsidérations précédentes ; ajoutons que les dessins de la moirene tranchent avec la couleur de l’étoffe que par l’opposition del’ombre à la lumière, tandis que les effets du glacé peuvent pré-senter les oppositions de couleur les plus contrastantes sans cesserd’être beaux.
» C’est dans cette différence essentielle des effets de la moired’avec les effets du glacé, que réside la possibilité de les réunirdans une meme étoffe, sans qu’on soit fondé à affirmer, à priori ,que la confusion naîtra nécessairement de cette réunion.