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TISSAGE.

duite; l’habileté d’un tisserand ne peut donc s’acquérir que parune expérience intelligemment secondée.

Métier à cylindres multiples. Le métier à double cylindrepour faire mouvoir les lisses peut être considéré comme intermé-diaire entre les métiers à marches dont nous venons de parler,et ceux à la Jacquart dont nous aurons à nous occuper plusloin. Il en existe plusieurs basés sur le même principé, dusencore à Vaucanson ; mais celui qui nous a paru le plus simple,le plus pratique, et le plus économique, est celui qu’a inventéen 1844 M. Pesnel, ouvrier mécanicien, et pour lequel un breveta été pris sous le nom de M. Hess. Supposons qu’il s’agisse de faireune étoffe qui exige un grand nombre de lisses, 25 par exemple,et que l’armure soit telle que chacune d’elles ait besoin d’être muealternativement. Dans le système des métiers à marches, il fau-drait avoir recours à vingt-cinq leviers, contre-leviers, et à leurscordages correspondants. Si pour éviter ces complications, l’u-sure et l’entretien des cordes, ainsi que les erreurs auxquellesl’ouvrier est exposé, on veut employer le mécanisme de Jacquart,le lisage du dessin, le secours des cartons, et le montage dumétier qui en sont la conséquence, deviennent indispensables.Quoique le métier à la Jacquart soit bien répandu, il existe ce-pendant encore des pays où l’on est peu familiarisé avec sonemploi, et où l’on recule devant les dépenses qu’il occasionne.C’est principalement dans les endroits où l’on produit des étoffesfaçonnées peu compliquées et avec des matières communes. Il enest ainsi pour les articles façonnés de Roubaix, de Fiers , d’Al-sace , beaucoup d’espèces de rouenneries, et même des étoffes defantaisies en laine, à la fabrication desquels les métiers à lamarche peuvent être employés avec avantage. Le but de celui dePesnel est de remplacer très-favorablement les complications desleviers dans toutes ces circonstances.

Principe du métier. Soit un certain nombre de lisses mon-tées comme à l’ordinaire sur une chaîne; au lieu d’attacherchacune d’elles à une corde fixée à un levier correspondant,on la lie par sa partie inférieure à une tige ou lame métalliqueque l’on voit en détail en fc, fig. 9, 10 et 11, PL XXIV.Ces lames portent une saillie ou mentonnet m m, , passent dans