MÉTIERS A BASSES LISSES.
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utilité. C’est une machine avec laquelle un bœuf ou un âne fontdes étoffes bien plus belles et bien plus parfaites que les meilleursouvriers en soie.
» Cette machine consiste en un premier mobile en forme decabestan, qui peut communiquer son mouvement à plusieursmétiers à la fois pour y faire toutes les opérations nécessaires àla fabrication des étoffes.
» Ce cabestan, mû par une force quelconque, on voit sur lemétier l’étoffe se fabriquer sans aucun secours humain , c’est-à-dire, la chaîne s’ouvrir, la navette jeter la trame, le battant frap-per l’étoffe avec une justesse et une égalité que la main del’homme ne saurait jamais avoir.
» L’étoffe se roule d’elle-même à mesure qu’elle se fabrique;la chaîne est toujours également tendue , la trame toujours éga-lement couchée et l’étoffe toujours frappée au même point etavec la même force, et tout cela se fait sans fatiguer la soie etsans qu’elle reçoive aucun frottement, car la navette passe latrame sans toucher la chaîne ni même le peigne, et les lisses quifont ouvrir la chaîne ne la touchent jamais deux fois au mêmeendroit.
» Cet ingénieux auteur a trouvé le moyen de déterminer laquantité de soie qu’il veut faire entrer dans cette étoffe, en don-nant plus ou moins de poids au battant, avec lequel il la faitfrapper, en tenant la chaîne plus ou moins tendue et en donnantplus ou moins de trames.
» Les lisières fabriquées sur le nouveau métier sont plus belleset plus parfaites que celles des étoffes ordinaires , l’auteur ayanttrouvé moyen de supprimer une pièce appelée temple , qui gâteles lisières par des trous que les pointes y font.
» Est-il question de recharger la navette ou de raccommoderun fil cassé , on arrête le métier sur-le-champ en poussant unbouton qui peut se retrouver aux quatre coins du métier et sousla main d’un enfant préposé pour veiller à quatre de ces métiers,dont la seule occupation consiste à nettoyer la soie, raccommoderles fils cassés et garnir les navettes qui contiennent six fois plus detrames que les navettes ordinaires.
» Cet arrêt suspend comine un éclair tous les mouvements du