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MÉTIERS A. BASSES LISSES. 553

offrent la combinaison des fils directement colorés qui se croisent,et cette dernière disposition fait voir que la chaîne et la trameont reçu leurs couleurs avant l’opération du tissage. 11 se pré-sente ici des rapports curieux avec la fabrication de nos étoffeset de nos velours chinés; mais tandis que, pour confectionner cestissus, les ouvriers de l’Europe revêtent alternativement d’uneenveloppe imperméable les parties qui ne doivent pas recevoirles couleurs diverses dans lesquelles la chaîne entière est suces-sivement plongée, les femmes de Oualan, auxquelles cette occu-pation domestique est exclusivement abandonnée, plus simplesdans leurs procédés, et moins avares de leur temps, obtiennentles variétés qu’elles désirent, en unissant par des nœuds aussilégers que solides les fils nombreux dont les assemblages répétésà l’infini offrent les teintes les plus opposées. L’espace que doitoccuper chaque couleur se conserve aisément sur la chaîne parun artifice ingénieux ; mais la trame ne saurait être préparée d’a-vance pour obtenir avec précision le croisement exact des nuancesdifférentes ou semblables qui doivent former les figures. Cettedifficulté oblige à conserver la même couleur dans de larges es-paces et à recourir à un travail particulier et très-minutieux pourl’achèvement des dessins qui décorent seulement les deux extré-mités du tolo, tandis que son milieu offre des fonds unis ou seu-lement l’alliance de deux couleurs tranchées.

» Maintenant il semble naturel de parler d’abord de l’ourdis-soir, et de séparer ensuite en deux parties la description des pro-cédés de tissage dont l’un n’est que le croisement de fils sem-blables ou différents, tandis que l’autre, ou le chinage, consistedans une espèce de broderie qu’on peut comparer au travail dereprise des lingères.

» Je ne puis mieux donner une idée du paouss qu’en disantqu’ilressemble à la monture ordinaire de l’instrument de physique ap-pelé monocorde. Deux pieds épatés portent une tablette en bois très-mou dans laquelle sont enfoncés sept petits montants aplatis ; sixen occupent les bords, aux angles et au milieu, le septième s’élèveprès du centre; sa position varie quelquefois. Si l’on suit l’ordredes numéros ( fig . 49 et 50) et qu’on fasse passer une ligne autourde ces battants. elle aura un développement de six pieds , c’est la