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MONTAGE DES ÉTOFFES FAÇONNÉES.
machines à découper. Celle qui nous a paru la plus satisfai-sante est celle de MM. Boas frères dont le principe peut êtreexpliqué en quelques mots.
Le double tissu à fendre dans son épaisseur est enroulé.sur uncylindre d’où il se développe sur une table qui sert de pointd’appui. La division est opérée par une espèce de lame descie fixe ayant la largeur du tissu. A cette lame est adaptéun certain nombre de couteaux pointus qui ont une im-pulsion de va-et-vient dans le sens de la largeur, les dentsde la scie entament les brides et le mouvement des couteauxfinit le découpage. A mesure que la séparation a lieu, chaquechâle va s’enrouler sur un cylindre séparé; pour que l’opéra-tion réussisse bien, il est nécessaire que l’étoffe soit parfaitementtendue.
Le tissage de deux châles à la fois paraît être plutôt destiné auxordinaires et à bon marché qu’aux riches étoffes. Celles-ci en effetpour rivaliser avec celles des Indes exigent une grande perfec-tion de travail à laquelle il est difficile de pouvoir arriver dansdes étoffes doubles, où l’une des surfaces ne peut être examinéequ’après son entière confection.
Châles des Indes . L’aspect que présente l’envers des châlesfrançais , est un des caractères les plus tranchés qui peuventles faire distinguer de ceux si vantés des Indes . Le travail deces derniers ne forme pas de brides et ne nécessite par con-séquent pas de découpage. Le châle de l’Inde est tissé commeune espèce de tapisserie. Le fuseau remplace la navette volante.On se sert d’autant de fuseaux ou espolins que de couleurs dif-férentes ; chaque fil suit tous les contours du dessin qu’il doitformer et ne sert qu’à ce contour. L’entrelacement des différentsfils entre eux a lieu d’une manière analogue à celui exécuté parla formation des points; dans le travail de la tapisserie à haute lisseque nous étudierons plus loin, seulement ces tissus sont forméspar bandes qui sont cousues ensemble après leur confection. Leschâles indiens présentent donc moins de déchets et beaucoupplus de solidité que les nôtres, puisque le croisement des fils estarrêté par des nœuds serrés à l’envers, qui restent dans l'état où1 ouvrier les a formés lors du tissage ; aussi ces étoffes ne se dé-