MÉTIERS A MAILLES. 617
le rapport du prix et de l’élégance, peut prendre rang immédia-tement après les diamants.
Quoique sous le point de vue mécanique on puisse considérerle travail des dentelles en général comme basé sur les mêmes prin-cipes , il n’en est pas moins vrai qu’il y a de grandes distinctionsà établir entre les différents produits connus sous les noms de :Valenciennes, malines, point d’Angleterre, point d’Alençon ,Mondes de Caen, dentelles de Bayeux , les diverses guipures ,les broderies de Nancy , etc., etc. Notre but ne peut être d’ana-lyser les caractères de ces divers tissus, d’une valeur tellementréelle cependant, que leur usage résiste à toutes les modes. Leurexécution n’a pu avoir lieu jusqu’ici que par les doigts délicatset exercés des ouvrières de quelques contrées spéciales auxquellesle luxe sera probablement longtemps encore tributaire, mais lebon marché relatif des fds fins de coton et le travail économiquedes machines ont fourni à la consommation moyenne et aux goûtsmodestes, des tulles unis et façonnés imitant parfaitement lesdentelles les plus riches, ne présentant d’autre infériorité qu’unedurée moindre. On désigne généralement la dentelle de cotonsous le nom d’imitation. Les échantillons les plus divers qu’aofferts la dernière exposition prouvent que tous les genres peu-vent être heureusement reproduits. C’est en France que les pre-miers métiers à tulle ont été employés à la confection de celui desoie. MM. Jolivet et Cochet, de Lyon , demandèrent un brevetd’invention en 1791. Ces métiers furent bientôt perfectionnés enAngleterre, où leur emploi présentait plus d’intérêt encore quechez nous, la main-d'œuvre y étant plus chère et l’habileté desouvriers de cette spécialité beaucoup moins grande. Aussi eût-onbientôt l’idée d’améliorer les métiers à tulles, de les approprierau travail du coton. La production mécanique du tulle de cotoncommença à s’y propager vers 1810, et fut bientôt introduite enFrance , où l’un des premiers établissements fut élevé à Cou-ronne, près de Rouen , où il existe encore. Mais le grand centrede la fabrication française pour cette spécialité est la ville deCalais , où l’on est arrivé à combiner heureusement la machine àla Jacquart à ce métier, pour produire des tissus façonnés dontl’élégance, le goût et le bon marché laissent peu à désirer.