618 TISSAGE.
Structure du tulle. En examinant à la loupe les mailles d’untulle, on reconnaît facilement qu’elles se composent d’une séried’hexagones réguliers, comme l’indique la fig. 39, PI. XXII;que ceux-ci sont formés par la répétition successive des mêmescroisements de fils et que chacun de ces derniers nécessitetrois directions différentes. La première d , d', fig. 40, allant dehaut en bas, suit une ligne brisée qui enveloppe les contoursdes divers hexagones consécutifs ; la seconde, s, s', allant dedroite à gauche; et la troisième, t, t', de gauche à droite, ens’enlaçant successivement dans les fils verticaux de la chaîne. Ladisposition curviligne de ces derniers est le résultat de la trac-tion, opérée sur eux par les fils obliques de la trame, qui la fontmouvoir alternativement de droite à gauche, et de gauche àdroite, pendant le tissage.
Pour opérer le travail, on tend les fils de la chaîne en lignesdroites, parallèlement entre eux, et ceux de la trame sont dis-tribués sur des cannettes spéciales disposées sur deux rangées,comme nous le verrons tout à l’heure. Les entrelacements, sui-vant des lignes brisées, doivent donc tous être exécutés par lesmouvements des fils; il faudra, par conséquent, qu’ils reçoiventau moins autant d’actions différentes qu’ils changent de fois dedirection dans une même maille. La description d’un métier àtulle va faire comprendre comment ces mouvements sont pro-duits. Les fig. 13, 14 et 15, PL XXIX, représentent, la pre-mière , une vue de face, la seconde, une vue de côté, et la troi-sième, une section verticale d’un métier à faire le tulle connusous le nom de métier à double barre; c’est un des plusemployés et des plus estimés en Angleterre. Il se compose d’unbâti A, A, dont les montants verticaux sont reliés par des tra-verses B. Ce dernier sert de point d’appui aux différentes piècesdu métier.
Il porte à sa partie inférieure un cylindre-ensouple C, destineà recevoir la chaîne; et à sa supérieure, un second D, pourenrouler le tissu; une barre F, qui traverse le métier, etles cylindres en bois dentés disposés dans la même directionque la barre, servent à tendre le tissu et à le maintenir ainsisur l’ensouple. Deux tiges horizontales F, F, s’étendent sur la